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Prendre le temps


Culture

Raed Jazbeh :
la paix au bout
de l’archet

Depuis qu’il a quitté la Syrie pour se réfugier en Allemagne, Raed Jazbeh n’a qu’une idée en tête : travailler à la reconstruction et à la réconciliation de son pays dévasté par la guerre. Fondateur d’un orchestre philharmonique réunissant 70 musiciens syriens, d’obédience religieuse et idéologique différente, ce contrebassiste humble et généreux sillonne les routes d’Europe pour porter, en musique, son message de paix.


Rolf Schoellkopf

On l’a vu à Bruxelles, Genève, Göteborg, et dans une myriade de villes allemandes, pays où il a trouvé refuge en 2011. Jouant parfois avec le Syrian Expat Philharmonic Orchestra (SEPO), un ensemble qu’il a créé en réunissant environ 70 musiciens professionnels syriens installés en Europe. Ou le plus souvent avec le Damascus String Quintet, formation qui, avec ses deux violons, son alto et sa contrebasse, est plus facile – et moins coûteuse – à déplacer qu’un orchestre philharmonique. Contrebassiste humble et généreux, Raed Jazbeh sillonne les routes européennes depuis deux ans pour envoyer au monde un message de paix.
Ce soir, il est à Berlin avec son quintette à cordes. Ce trentenaire qui refuse de dire son âge exact – « cela n’a aucune importance, ce qui compte, c’est ce que je fais » – joue dans la cave voutée d’une taverne berlinoise, à deux pas du campus de l’Université Humboldt. Il nous avait prévenus : « Nous allons jouer certaines compositions très tristes. » Quand le Damascus String Quintet entame sa première mélodie, aux sonorités orientales mélancoliques, les bavardages et les rires s’estompent. Et quand il interprète, un peu plus tard, une composition dédiée aux enfants syriens, l’audience émue retient son souffle et une spectatrice s’approche d’eux, le visage ruisselant de larmes.
Ce pouvoir de la musique, sa capacité à nous relier, à réveiller notre commune humanité, ce natif d’Alep est bien décidé à s’en servir. Il est guidé par deux mots : reconstruction et réconciliation.
Dans les loges improvisées de la taverne berlinoise, il refuse d’ailleurs de parler politique. « Il y a eu beaucoup d’erreurs dans le conflit syrien. On peut discuter longtemps de ce qui s’est passé, pointer les fautes. Mais à quoi ça sert ? Aujourd’hui, il faut penser aux solutions ; comment finir cette guerre et reconstruire la Syrie, ses écoles, ses villes, sa musique. C’est ce que j’essaie, modestement, de faire à mon échelle. Les musiciens de l’orchestre sont arabes, kurdes, arméniens, syriaques. Certains sont musulmans, d’autres chrétiens. Il y en a qui supportent le régime d’Assad, d’autres non. Mais nous nous fichons de ce qui (...)

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