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Dossier

Féministes,
le retour de la colère

L’année 2017 a été marquée par un regain de l’activisme féministe. Dans leur engagement, les nouvelles militantes mêlent l’intransigeance et la créativité. Très énervées, et gonflées à bloc, elles partent à l’assaut du patriarcat, qu’il se manifeste à travers les inégalités salariales, les violences conjugales, la culture pop, le harcèlement de rue ou le conservatisme de la langue française. Les initiatives foisonnent, et le débat est appelé à se durcir encore dans les mois à venir.

Trois athlètes se tiennent debout sur le podium, protégés par un auvent gonflable de la météo vacillante d’une après-midi d’automne. Ce dimanche 1er octobre, fuselés dans leur training Nike, les visages illuminés d’un sourire de conquête, les trois premiers du marathon de Bruxelles brandissent d’une main le drapeau kényan. De l’autre, ils exhibent un chèque géant, sur lequel est inscrit le prix de leur effort – 1 000 euros pour le vainqueur Stephen Kiplagat, 500 et 300 euros pour ses compatriotes. Quelques minutes plus tard, le même protocole se répète pour la catégorie féminine, à une mince nuance. Sur la plus haute marche, jambes frêles et lacets fluo, la Belge Christelle Lemaire arbore un chèque de 300 euros. Ses deux dauphines s’en tirent avec 150 et 75 euros. Quelques heures suffiront pour que la polémique monte en neige. Le lendemain, l’organisateur Golazo et le sponsor Belfius annoncent que le prize money des lauréates féminines sera augmenté. A hauteur d’hommes, si l’on peut dire. La colère féministe a payé.
Un soir d’été, le 28 juillet, Myriam Leroy a envie d’un blockbuster avec couleurs et paillettes. Son choix se porte sur Valérian, la dernière production de Luc Besson. Deux heures plus tard, à la sortie du cinéma, la curiosité a laissé place à la consternation. Sur Twitter, la journaliste et écrivaine fulmine. « Punaise. Valérian. Les mots me manquent. Ah si, j’en ai un. Sexiste. » Dans un texte rédigé à vif, elle déroule la litanie des clichés contenus dans le film. Morceaux choisis : « L’homme a mille conquêtes, ce qui dérange la femme vertueuse qui, de son côté, voudrait être l’unique » ; « Laureline a beau être une badass, au fond c’est une princesse qu’il faut mériter, son corps est un temple qu’elle ne va pas profaner avec n’importe qui » ; « L’homme est un rigolo, il se poile bien dans la vie, la femme est un modèle d’abnégation » ; « Le mariage est une fin en soi, où l’homme dépose ses velléités de conquête tandis que la femme, qui ne les a pas, est bien contente ». L’exaspération féministe a fusé.
Début juillet, la journaliste française Nora Bouazzouni publie un essai remarqué, Faiminisme. L’ouvrage pose un regard féministe sur tout ce qui se passe en cuisine et dans l’assiette. Rien n’échappe à son laser, du ressenti quotidien des agricultrices jusqu’au pourcentage de femmes parmi les chefs étoilés. Jusqu’à cette question dérangeante : pourquoi les hommes sont-ils en moyenne plus grands que les femmes ? Pour y répondre, l’autrice remonte à la préhistoire, « aux sources du patriarcat, c’est-à-dire à ce moment de l’humanité où les hommes ont décidé que le pouvoir leur appartenait ». S’appuyant sur les travaux de l’anthropologue Priscille Touraill, Nora Bouazzouni affirme que ce n’est pas une différence biologique mais bien « une ségrégation nutritionnelle millénaire », notamment dans l’accès aux protéines, qui explique le dimorphisme entre hommes et femmes. « On a privé les femmes de nourriture, qui elles-mêmes continuent avec leurs filles, et ce depuis le paléolithique. » Le scalpel féministe a gratté.

Regain d’intensité
Pas un mois, pas une semaine, pas un jour sans que ne jaillissent de nouvelles revendications féministes, exprimées avec une vigueur à laquelle les années 1990 et 2000 ne nous avaient pas habitués. Qu’il s’agisse de consolider le droit à l’avortement, de mettre en lumière l’impact désastreux de la réforme des pensions pour les femmes, d’enrayer enfin l’hécatombe des violences conjugales, de démonter la mécanique perverse des inégalités salariales, de lutter contre le harcèlement de rue, de dénoncer la « culture du viol » dans les séries télé, ou d’extraire le clitoris d’un oubli immémorial, chaque fois, la jeune génération répond présente. Collaboratrice au centre de documentation d’Amazone, une plateforme de soutien aux associations de femmes en Belgique, Virginie Tumelaire observe avec intérêt ce regain d’intensité. « Il y a un vent de fraîcheur, indéniablement. La marche mondiale des femmes en 2010, déjà, avait mobilisé un nombre record de participantes. Toute une génération a grandi avec l’idée que (...)

=> Lire l’intégralité de ce dossier de 12 pages dans notre magazine.

=> Lire par ailleurs notre entretien "bonus" de la politologue Sophie Heine.

Un dossier de François Brabant
Photo : Cyrus Pâques

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