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Politique, par John Pitseys, philosophe, chargé de recherche au CRISP

De quoi l’avenir
sera-t-il fait ?

Économistes ou anciens conseillers du prince, de nombreux essayistes se proposent à intervalles réguliers de nous expliquer à quoi ressemblera demain. Lesdits experts manient les mots et les chiffres comme s’il s’agissait de formules magiques.

Ces prédictions sont souvent aussi séduisantes qu’erronées et la sortie de piste concerne même les esprits les plus perçants ou les plus expérimentés. Joseph Proudhon déclarait en 1851 que le christianisme disparaîtrait endéans les 25 ans.
Karl Marx estimait que la révolution pouvait se produire France ou en Angleterre, où existait une importance classe ouvrière, mais certainement pas dans la Russie rurale et sous-industrialisée des tsars.
Professeur d’économie à l’Université de Yale, Irving Fisher déclare le 17 octobre 1929 que la bourse de New York « a atteint ce qui apparaît comme un haut plateau permanent » : celle-ci s’effondre quelques semaines plus tard, plongeant les États-Unis et le monde dans la Grande Dépression, et ne retrouvant son niveau de 1929 qu’en 1956.
Pondéré, méthodique et nuancé, le sociologue et économiste libéral Raymond Aron écrit en 1984, dans Les dernières années du siècle, qu’il n’envisage pas une chute prochaine de l’Union soviétique : il prédit au contraire une fragilisation des positions géostratégiques des États-Unis.
Plus près de nous, le président du PSC Charles-Ferdinand Nothomb affirmait en 1998 que le parti Écolo n’avait plus que sept ou huit années d’existence devant lui.
Au pire, ces prédictions sont tout simplement invérifiables. Chaque rétrospective de fin d’année voit son lot d’essayistes prédire « la disparition inéluctable de la Belgique », « l’irrésistible montée de l’extrême droite », « la crise terminale du capitalisme » ou – biffer la mention inutile – la fin, le maintien, l’affaiblissement ou le retour du leadership américain sur les affaires internationales.
Les horloges cassées montrant l’heure exacte deux fois par jour, peut-être certains de ces pronostics se vérifieront-ils.
Le sociologue Pierre Bourdieu le notait, certains exposés sont « dits brillants parce qu’ils ne sont même pas faux »  : reposant sur des pétitions de principe, des raisonnements circulaires ou des paradoxes assumés – comme « la politique, c’est la guerre » –, leur caractère incantatoire rend impossible leur réfutation rationnelle.
Les cas évoqués plus haut le rappellent, ces erreurs de prédiction ne sont pas forcément liées à un (...)

=> Lire l’intégralité de cette chronique dans notre magazine.

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