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Agir


Combat(s) de là-bas

Albert Kiungu Muepu,
le veilleur de Kasaï

Après un an de combats qui ont fait 5 000 morts, 1,5 million de déplacés et mis toute la région à feu et à sang, le calme semble revenu au Kasaï, au centre du Congo. Avec la société civile locale, Albert Kiungu Muepu, 39 ans, militant associatif, se bat sans relâche pour relancer l’activité sociale et économique, et dénoncer les failles du pouvoir local qui aurait pu éviter un tel déchaînement de violences.


cc Manusco

Albert Kiungu Muepu habite Kananga, la capitale du Kasaï central, située au centre du Congo, une ville champignon de près de deux millions d’habitants. « Avec ses marchés, ses artisans et son grand nombre d’universités, la ville est un pôle d’attraction. Elle attire la jeunesse qui veut échapper à la pauvreté des campagnes », explique Albert, avant de marquer une pause et d’ajouter le regard sombre : « Depuis l’année dernière, Kananga sert aussi et surtout de refuge pour tous ceux qui fuient l’insécurité ! »
Etrange région que ce Kasaï à la fois riche et plongée durant de longs mois dans des violences extrêmes. Autrefois, ses rivières, dont les limons regorgeaient de diamants, faisaient sa réputation. « Pendant longtemps, les gemmes de cristal faisaient la pluie et le beau temps de notre province. Et puis, en 2008, avec la crise financière, le diamant a brusquement montré ses limites, les prix ont baissé, alors qu’en même temps les gemmes devenaient plus difficiles à trouver. Les recettes de l’administration et des chercheurs se sont ensuite mises à diminuer. Il a fallu se tourner vers d’autres activités, et ce ne fut pas simple. »
Sur le plan social et économique, le Kasaï est confronté à d’énormes carences. A 39 ans, Albert Kiungu coordonne le travail d’une cinquantaine d’associations locales qui s’attachent à encadrer les activités de leurs membres et à améliorer leurs conditions de vie. « On pallie l’absence de structures d’un Etat devenu déliquescent, poursuit-il. Il y a des centres de recherches agronomiques au Kasaï, mais leurs laboratoires n’ont plus de matériel. Nous distribuons nous-mêmes des semences ou des plantules aux paysans. Nous leur trouvons des outils de travail, dispensons des formations aux femmes et aux jeunes non qualifiés. »
Autre obstacle de taille : la mobilité. Nichée au centre du Congo, Kananga vit repliée sur elle-même, retranchée dans une forme d’autarcie, faute de routes et de trains. « Les pluies ont raviné les pistes de terre battue. Il faut un gros 4 X 4 et beaucoup de patience pour se déplacer. La voie de chemin de fer qui nous relie à Lubumbashi est en mauvais état et les locomotives souvent en panne. Il peut se passer un mois sans voir un train. »
L’isolement pèse sur la vie de toute la région. Les produits manufacturés arrivent au compte-gouttes après un long voyage sur le fleuve. Incapables d’évacuer leurs récoltes, les paysans sont privés de revenus, tandis que les citadins voient les prix de l’alimentation flamber. « Nous payons le prix de notre insoumission, analyse Albert. Le Kasaï a toujours été frondeur. Patrice Lumumba, le Premier ministre qui a tenu tête aux Belges, était kasaïen, tout comme Étienne Tshisekedi, l’opposant historique à Mobutu. Le pouvoir central nous tient volontairement à l’écart des grands travaux d’infrastructure qui doivent mailler le Congo. »
Isolé de tous, le Kasaï s’est enfoncé, durant une année entière, dans une spirale de violence, dont les rares échos rapportent des faits d’une (...)

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