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Santé

Bien dormir
pour mieux vivre

On dort peu, moins longtemps qu’auparavant et toujours plus mal. Conséquence : les maladies du sommeil (insomnies, troubles respiratoires, apnées…) frappent un nombre grandissant de dormeurs. La faute au travail, au stress, au bruit, à la lumière, aux écrans et à bien d’autres facteurs qui empiètent durablement sur nos nuits. Notre sommeil, pourtant indispensable au bien-être et à la santé, est désormais menacé. Bien dormir est devenu un véritable enjeu de société.

Dans le paradigme néolibéral mondialisé, le sommeil est fondamentalement un truc de loser  », alerte l’essayiste américain Jonathan Crary, dans son ouvrage 24/7, Le capitalisme à l’assaut du sommeil (La Découverte). Dans cette logique de marché qui s’appliquerait « 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7 », le sommeil est perçu comme « une perte incalculable en termes de temps de production, de circulation et de consommation », s’inquiète l’auteur pour qui dormir serait donc la « dernière barrière naturelle » face au capitalisme sauvage, une forme d’« interruption radicale », mais également « une pause dans nos vie, un lien avec le futur, la possibilité d’un recommencement et donc d’une liberté ».
Roupiller rimerait donc avec résister ?
Derrière cette image en apparence saugrenue se cache bel et bien une question politique, philosophique et de santé publique. « Le sommeil est ordinairement tenu pour anecdotique, relevant de l’intime, des petits plaisirs ou désagréments de la sphère privée  », constatent les membres du think tank progressiste Terra Nova, qui a publié en 2016 un excellent rapport intitulé Retrouver le sommeil, une affaire publique.
Il n’en est rien : dormir, ce besoin fondamental chez l’être humain, est aussi un enjeu de société, un « bien commun », plus que jamais menacé par nos modes de vie : la pression professionnelle, l’intensification des tâches, l’allongement des déplacements, le stress, le bruit, la lumière, l’urbanisation, la multiplication des écrans et des activités nocturnes, et bien d’autres effets de cette société de la performance où, désormais, il s’agit d’être pleinement rentable de jour comme de… nuit.
« Il est urgent de réapprendre aux gens à dormir  ! » alerte Sylvie Royant-Parola, psychiatre, présidente du réseau français Morphée. Car les voyants sont tous au rouge. On dort peu (de 6 à 7 heures en moyenne chez un adulte). On dort moins longtemps (environ 1 h 30 en moins qu’il y à 30 ou 40 ans). Et on dort toujours plus mal, avec environ 30 % des Belges qui sont confrontés à des troubles du sommeil chroniques ou sévères (insomnies, difficultés d’endormissement, sommeil haché, apnées, ronflements, etc.).

Dormir pour se régénérer
Au bout du compte, le coût social et économique de cette mauvaise hygiène du sommeil est considérable. Des coûts directs (prise en charge des pathologies, surconsommation de médicaments, usage de stimulants), mais aussi indirects (effets sur la santé physique et mentale, risques d’accidents, baisse de la productivité, échecs scolaires) qui sont d’ailleurs très peu chiffrés à ce jour.
« Le sommeil parcellaire, désynchronisé, désocialisé, dévalorisé, le sommeil ‘’faute de mieux’’ ne peut être qu’un sommeil de piètre qualité, peu réparateur, peu équilibrant, souligne encore la Fondation Terra Nova. Inversement, le bon sommeil est créateur de lien social. (…) On ne peut donc pas réduire le droit de dormir à un droit parmi d’autres. »
Dans le développement de l’homme, le sommeil occupe une place centrale, de sa naissance à sa mort. « L’être humain est un être cyclique, poursuit le Dr Royant-Parola, c’est une horloge biologique qui a besoin de (...)

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Photo : cc Mista Boos

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