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Prendre le temps


Portrait

Les guerres intérieures
de Magyd Cherfi

C’est une voix forte venue de Toulouse. Chanteur et écrivain, Magyd Cherfi chronique la détresse des banlieues françaises et les cicatrices de la colonisation. Prolo devenu bobo, Arabe devenu Français, musulman devenu athée, il a appris à vivre en « schizophrène heureux ».

Quatre saisons se sont écoulées depuis. Au mois d’août 2016, Magyd Cherfi présentait son troisième livre, Ma part de Gaulois. L’ancien chanteur de Zebda y déroulait son adolescence toulousaine dans un récit tendre, baigné d’oralité : l’histoire d’un fils d’immigrés algériens qui cogne contre tous les murs de la réalité – les déterminismes sociaux, le mépris des Français bien comme il faut, la brutalité des caïds du quartier, la misère culturelle, la promiscuité suffocante des barres HLM… Pas exactement un roman, pas tout à fait une autobiographie.
Le jury de l’Académie Goncourt l’a inclus dans la présélection des 16 titres en lice pour le plus prestigieux des prix littéraires français. Si le livre n’a pas obtenu la récompense suprême, le public lui a en revanche réservé le plus fervent des accueils. Au fil des mois, Ma part de Gaulois s’est transformé en un best-seller inattendu : plus de 70 000 exemplaires vendus à ce jour, et le compteur continue de tourner.
Le gamin qui se rêvait en nouveau Flaubert aurait donc accompli sa destinée ? Au bout de la quête, au bout de la douleur, il y avait ce statut : auteur à succès de la maison Actes Sud. Le signe d’une France apaisée, prête enfin à aimer ses couleurs, sa part d’Algérie ? Pas du tout, semble au contraire répondre Magyd Cherfi. Présent cet été au Brussels Summer Festival puis au Festival des solidarités à Namur, pour défendre ses dernières compositions en solo, l’écrivain-chanteur porte un regard terriblement amer sur la France de 2017. Lui qui a voté Benoît Hamon au premier tour de l’élection présidentielle a laissé éclater sa colère après l’annonce des résultats, dans les colonnes du quotidien Libération. « J’ai la rage de voir de plus en plus de Français voter FN, comme s’ils jouaient au loto : parce qu’ils sont désabusés de tout, parce qu’ils ont l’impression de tenter quelque chose, même s’ils savent que cela ne mènera nulle part. Ça fait trente ans que je vois mes parents terrorisés à chaque élection, la main sur leur valise. J’en ai marre. J’ai envie de dire aux Français : chiche. Vous voulez le FN ? Eh bien, allez-y et assumez. »
Tant d’hommes cohabitent au fond de lui. C’est sa chance et sa malédiction. « Je suis un fils de prolo devenu bobo, un Maghrébin devenu Français, un musulman devenu athée. Je garde l’orientalité tout en étant pétri de rationalité occidentale. Ces deux parties de moi sont souvent hostiles l’une à l’autre. L’Arabe ne va pas avec le Français. Le prolo ne va pas avec le bobo. Et donc ce sont des guerres, en fait, des guerres intérieures. »
Ces guerres intérieures le tiraillent sans relâche. Loin de miner leur victime, pourtant, elles (...)

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Photo : Polo Carat

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