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Agir


Un homme, une cause

Mahamadou Souleye : Un alter paysan
aux bords du Sahara

Formé par l’agroécologiste Pierre Rabhi et compagnon de lutte de l’écoféministe Vandana Shiva, Mahamadou Souleye a inventé une agriculture hyperrésiliente à Gao, au nord du Mali. Il y a quatre ans, il a également pu tester la valeur de ses techniques en situation d’autarcie, quand sa ville, occupée par les djihadistes, a dû apprendre à vivre coupée du monde.

« En lisière du Sahara, tout est rare et cher, l’eau est strictement comptée, un sac d’engrais coûte l’équivalent de deux semaines de salaire. L’agroécologie, elle, nous dit comment réaliser notre propre compost et comment économiser l’eau. Elle est la meilleure solution pour faire vivre nos familles. »
Mahamadou Souleye, agroécologiste à Gao, la grande ville du nord du Mali, est allé à bonne école, celle que Pierre Rabhi, le paysan-philosophe cévenol, fondateur de Terre et Humanisme, a ouverte à Tacharane, dans la banlieue sud de Gao.
« Aujourd’hui, le chef de ce village m’offre un hectare de terre pourvu que je la conduise en agroécologie afin de donner l’exemple à tout le monde », sourit Mahamadou.
A 43 ans, Mahamadou, « Bébé » pour les intimes, est un leader paysan reconnu, après un changement de vie radical qui l’a amené très jeune à quitter l’école pour s’engager dans la gendarmerie. « Mon père venait de décéder, nous explique-t-il, je voulais apporter un salaire à la maison. Mais à la caserne, on m’a dit d’obéir aux supérieurs sans hésiter ni réfléchir, j’ai compris que ce n’était pas un métier pour moi. »
Après divers petits boulots, Bébé trouvera sa voie dans le maraîchage. Aujourd’hui à la tête de l’Union des groupements de maraîchers de Gao, il coordonne vingt deux associations de producteurs et fait travailler près de mille personnes. « Pour moi, l’important, c’est l’accès aux semences. Celles qu’on nous propose viennent souvent d’Europe, de climats qui ne sont pas adaptés au nôtre. Alors, nous produisons nos propres semences. On a, notamment, développé un gombo (un légume très populaire dans le Sahel) qui pousse en soixante jours et non nonante, ce qui permet de s’adapter aux incertitudes du climat et à la rareté des pluies. Nous faisons partie d’un réseau qui favorise l’échange de semences entre six pays (Mali, Niger, Burkina Faso, Bénin, Togo, Sénégal, plus la Côte d’Ivoire qui veut devenir membre). Les partenaires voudraient acheter mes semences, mais je ne suis pas vendeur, car nous n’en avons pas assez pour nous. Par contre, je peux tout à fait donner des formations sur la matière. »

Une autarcie forcée
Repéré pour ses talents d’orateur et son travail de leader paysan, Mahamadou Souleye a été invité par la Ville de Paris à participer à une conférence consacrée à l’agroécologie. Dans la capitale française, il rencontre Vandana Shiva, l’écoféministe indienne, et Dominique Guillet, fondateur de Kokopelli, le producteur de semences paysannes.
Vandana Shiva l’invite ensuite en Inde où il entreprend une tournée de conférences pour valoriser les semences paysannes. Quant à Dominique Guillet, il lui confie des échantillons de semences pour qu’il les resème ensuite dans le Sahel. « Je les ai utilisées et elles se sont très bien adaptées. Quand j’ai revu Dominique, je lui ai rapporté une poignée de ses propres semences version nord Mali. Il m’a pris dans ses bras pour me remercier. »
Avec son verbe fleuri, son large réseau et sa palette d’astuces en tous genres, Mahamadou aurait très bien pu figurer parmi les Solutions locales dans le film de Coline Serrault ou témoigner dans Demain, de Cyril Dion et Mélanie Laurent. Sauf que sa ville est vraiment très loin de tout. « On est presque coupé du monde, se désole Mahamadou. Bamako, la capitale du Mali, est à 1 200 km, la route est très mauvaise et particulièrement dangereuse, avec de nombreux barrages de gendarmerie. J’ai beau être Malien, je suis géographiquement plus proche du (...)

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