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L’instant positif

Runa Khan
et les oubliés du Bangladesh

La reporter-photographe Pascale Sury s’est lancée dans un « tour du monde positif ». Dans chaque numéro d’Imagine, elle nous propose une photo et une histoire d’un citoyen en mouvement.


Pascale Sury

Quel personnage que cette Runa Khan, une femme musulmane dans un monde d’hommes, à la tête d’une ONG de 1 800 personnes. Quel parcours, je suis vraiment admirative.
Depuis 2002, son association Friendship développe des projets humanitaires sur les « chars », ces îles éphémères situées au milieu des grands fleuves du Bangladesh (le Brahmapoutre, le Gange et le Meghna) sur lesquelles sont installées les populations les plus vulnérables du pays.
Plus d’un million d’habitants vivent ainsi sans eau courante, sans électricité, sans moyen de transport et privées de toute infrastructure publique. Ils dépendent de l’agriculture et de la pêche. Et leurs maisons et leurs terres agricoles peuvent en quelques jours, voire quelques heures, disparaître sous le coup des inondations liées à la mousson, de l’érosion, de la fonte des glaciers himalayens voisins et des dérèglements du climat de plus en plus fréquents.
Leur existence sur ces « chars » est limitée, une dizaine d’années maximum, avant que le fleuve n’emporte tout, les force à l’exil et qu’ils viennent grossir les rangs des réfugiés climatiques dans un pays qui figure déjà parmi les plus pauvres et les plus peuplés du monde (160 millions d’habitants).
Dans cette zone oubliée du Bangladesh, Runa Khan a décidé de pallier les défaillances de l’Etat. Quand elle a découvert l’existence de ces « chars », la jeune femme a pris les devants : « Je n’avais jamais vu un tel niveau de pauvreté !, admet la responsable de Friendship. Vivre dans la pauvreté, c’est possible, mais sans opportunité ni espoir, c’est impossible ! Comment, en tant que Bangladeshi peut-on laisser faire ça ? »
Son ONG a développé un système de soins de santé via des bateaux-hôpitaux, des cliniques itinérantes voguant de char en char et soignant gratuitement 30 à 40 000 personnes chaque année. Elle a également créé des écoles, des centres de formation pour informer les femmes et les rendre plus autonomes. Avec un combat spécifique : la lutte contre les mariages précoces, une pratique très courante dans cette région du Bangladesh.
« Les femmes sont le moteur du changement dans le monde, m’explique Runa. Si elles sont touchées, alors, je suis touchée. Et je me retrouve pleinement à travers elles. Chaque jour, elles m’épatent. C’est un travail éprouvant, mais quand je vois tout le boulot accompli par les équipes de Friendship et les résultats qui se concrétisent, cela me donne de l’énergie pour continuer à avancer. » Runa se bat sans relâche pour le respect et la dignité de ces femmes plongées dans une extrême misère. Un combat et un idéal qui forcent l’admiration.

En savoir + : pascalesury.com

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