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Politique, par John Pitseys (CRISP)

Une politique ferme
mais humaine

Les mots sont non seulement choisis, mais répétés : une politique « ferme mais humaine ». Maggie De Block défendait déjà ainsi son action comme secrétaire d’État à l’Asile et la Migration sous la législature précédente. Qu’il s’agisse de justifier la politique du gouvernement fédéral ou de réagir à l’information selon laquelle des Soudanais expulsés de Belgique auraient été torturés une fois de retour dans leur pays, elle est aujourd’hui reprise en boucle, y compris par le Premier ministre, Charles Michel.

Louée ou moquée, cette expression « ferme mais humaine » est à la fois typique et singulière, en dépit mais aussi grâce à l’apparente banalité des termes choisis.
Le gouvernement aurait pu dire que sa politique est « efficace », « morale » ou « équitable ». Utilisant une formule apparemment similaire, il aurait pu affirmer que sa politique est « sévère, mais juste ». C’est toutefois mésestimer les fonctions implicites de l’expression qu’il a choisi d’utiliser, et que, du côté francophone, les membres du MR ont reprise en chœur.
La meilleure manière d’asseoir un énoncé politique est de le faire passer pour évident. La meilleure manière de faire passer celui-ci pour évident est de le soustraire au débat.
Enfin, la meilleure manière pour soustraire au débat un énoncé politique est d’empêcher que ses termes entrent dans le champ des énoncés réfutables. À cette aune, la « politique ferme mais humaine » du gouvernement remplit parfaitement son office : le principal atout de l’expression tient à sa capacité d’échapper aux critères et aux contraintes d’une discussion rationnelle.
Il existe de nombreuses manières de faire sortir le langage du champ d’une discussion raisonnable. L’une d’elles est, par exemple, l’usage exclusif d’actes de langage dits expressifs, visant à exprimer l’état psychologique du locuteur : on pense au fait de (se) féliciter, de s’excuser, de se plaindre, de complimenter… L’usage du registre expressif, et plus largement celui de l’émotion, peut être utile au débat public car il (...)

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