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Nouvelles technologies

Les réseaux sociaux
nous rapprochent-ils vraiment ?

Snapchat, Facebook, Twitter, Instagram… A chaque usager son réseau social favori, sa raison d’être le nez rivé sur son smartphone et sa manière de communiquer préférée. Un monde virtuel qui, l’air de rien, cache une nouvelle organisation sociale, pilotée par les géants du numérique, et qui produit une multitude de microsociétés de plus en plus coupées les unes des autres.

« Nous, les entreprises technologiques, nous n’en avons pas fait assez pour stopper les abus découlant de notre technologie » s’est « excusé », en janvier dernier, le PDG de Facebook, Marc Zuckerberg, lors de ses vœux adressés aux deux milliards d’abonnés de son réseau social créé en 2004. Quelques semaines plus tôt, d’anciens responsables de l’entreprise américaine avaient publiquement admis avoir créé « des outils qui détruisent la société » [1]. Plus que jamais, les réseaux sociaux sont sur la sellette, à la fois ultra-fréquentés et vilipendés.
« Le monde dans lequel nous évoluerons dans trente ans n’aura plus rien à voir avec ce que nous connaissons aujourd’hui, anticipe Olivier Servais, anthropologue, professeur à l’UCL et membre du Laboratoire d’anthropologie prospective. Mais voyons-le plutôt comme une chance, un défi, et pas uniquement comme une menace. Nous sommes dans un entre-deux, ce n’est encore ni l’enfer, ni le paradis. C’est donc maintenant que nous devons être vigilants. »
En attendant, à coups de slogans aguicheurs (« rapprocher les gens », « rendre le monde plus ouvert et plus connecté », etc.), les réseaux sociaux nous font croire qu’ils sont là pour créer du lien alors qu’il s’agit, avant tout, d’entreprises purement marchandes. « La logique économique qui sous-tend ces réseaux ne consiste pas vraiment à nous rendre un service, mais plutôt à nous utiliser », affirme le psychanalyste Michael Stora, fondateur de l’Observatoire des mondes numériques en sciences humaines et auteur d’Hyperconnexion [2].
« De plus, ajoute Olivier Servais, les réseaux sociaux ne sont plus seulement un simple canal pour entretenir des liens, mais ils sont devenus une nouvelle manière d’être et de communiquer avec les autres. Pour exercer des fonctions essentielles de notre humanité, nous sommes désormais en train de devenir dépendants de machines et d’entreprises. La notion de bien public disparaît peu à peu au profit d’une nouvelle organisation sociale construite par le secteur privé. »
On est entré dans l’ère de « l’hyper-individualisation  », ajoute l’anthropologue, où l’abonné Facebook est prétendument roi. Il peut choisir d’aimer ou de ne pas aimer, partager ou refuser un contact, mettre tel ou tel « ami » à distance. Ses liens sont devenus « activables ».
En coulisse, ce sont les collaborateurs de Facebook qui décident de tout, ou plutôt les algorithmes. Ils identifient les comportements et classent les usagers par affinités. En construisant, petit à petit, une (...)

=> Lire l’intégralité de cet article de 5 pages dans notre magazine.

Photo : cc Zlatko Unger

[1Lire la chronique de François Brabant dans Imagine n° 125 de janvier-février 2017.

[2En collaboration avec Anne Ulpat, Larousse, 2017.

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