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Avec ou sans steak

Abattoirs :
des alternatives à la mort industrielle

Chaque semaine, ce sont plus d’un milliard d’animaux qui sont abattus dans le monde, selon les chiffres des Nations unies (FAO 2011). Au cours du 20e siècle, notre consommation de viande a ainsi explosé tant en Occident que dans les pays en développement, tout particulièrement en Asie. Et la majeure partie de l’élevage est devenue une activité industrielle à part entière avec des rapports temps/prise de poids des animaux de plus en plus courts, une hyperspécialisation, des exploitations gigantesques et le recours régulier à la chimie et aux médicaments.

En Europe, la consommation a atteint son pic à la fin des années 1990, et la crise financière de 2008 a encore accentué le mouvement à la baisse. En cause : la réduction des dépenses des ménages, mais pas seulement. Les scandales sanitaires, les préoccupations grandissantes concernant la santé et les modifications de nos habitudes alimentaires ont renforcé la tendance.
A cela s’ajoute la question du bien-être animal de plus en plus présente dans le débat public. Avant de se cristalliser notamment autour de l’abattage, cette mise à mort que nous avons déléguée à quelques professionnels sans trop nous en préoccuper.
Aujourd’hui, certains consommateurs ont décidé de ne plus manger de viande (lire le dossier sur le végétarisme dans notre dernier numéro), d’autres cherchent une réponse ailleurs, dans la contestation de ce système industriel qui génère beaucoup de violence, à la fois du côté des bêtes et des humains. « Le problème n’est pas éthique, il est politique : c’est le système de production capitaliste et le projet de société mortifère qu’il recèle qui doivent être transformés », estime ainsi Marie Gérard, philosophe de l’ULg qui défend une voie médiane, où la mise à mort des bêtes ne serait ni une banalité ni un scandale, où il serait possible à la fois « d’aimer et de tuer les animaux ».
C’est la thèse que soutient également Jocelyne Porcher, sociologue, directrice de recherches à l’INRA (UMR innovation Montpellier), ancienne éleveuse, pour qui un monde sans animaux abattus serait un monde sans élevage. Et donc un monde sans animaux.

Jocelyne Porcher, à quel moment de notre histoire nous sommes-nous à ce point distanciés des animaux et de leur mort ?
C’est lié au processus industriel du milieu du 19e siècle, à la naissance du capitalisme. Alors qu’auparavant on vivait et on travaillait avec les bêtes, elles deviennent alors des animaux-machines, qui ne servent plus qu’à générer du profit. L’asservissement est général  : c’est aussi bien celui des animaux que des hommes et des plantes. L’argent devient le moteur. On voit naître la zootechnie qui cherche à maximiser le rendement des produits animaux, et il y a une mise à distance affective et morale des bêtes. C’est un changement de représentation du monde.

Mais aujourd’hui, quel serait selon vous un « bon » abattoir ?
L’abattage à la ferme est assez clair, c’est un bon mode d’abattage. La bête ne sort pas de son milieu, elle n’a pas peur, elle est tuée par surprise, il n’y a pas de problème de traçabilité, etc. Mais dès que l’on sort de la ferme, est-ce possible d’avoir un bon système ? Il faudrait alors casser la chaîne. Car les abattoirs sont devenus des lieux de transformation où l’on veut extraire la matière animale de l’animal – d’ailleurs bien souvent le terme « abattoir » n’est même plus visible sur les bâtiments. Le rapport au temps y est tout à fait différent, il faut suivre des procédures, maximiser le temps productif.
Est-ce que l’on pourrait y amener plus d’humanité, en organisant autrement le travail de découpe, avec des personnes beaucoup plus autonomes et polyvalentes ? Ou est-ce qu’il faudrait, au contraire, davantage robotiser le processus ? Difficile à dire. Quoi qu’il en soit, il y a lieu de s’interroger : tuer un animal, cela n’est pas un détail, c’est le cœur de la question !
Cessons donc (...)

=> Lire l’intégralité de ce dossier dans notre magazine.

Photo abattoir : Sylvie La Spina

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