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Prendre le temps


Congo

Ludo De Witte :
« L’élite belge lutte toujours contre le nécessaire travail de décolonisation et d’explication »

Sur son passé colonial, la Belgique a des trous de mémoire. Le sociologue flamand Ludo De Witte s’attache à les reboucher. En 1999, son enquête sur l’assassinat de Lumumba avait bousculé les consciences. Il remet le couvert aujourd’hui, avec un livre sur le rôle de la Belgique dans l’installation de la dictature de Mobutu.

« L’ascension de Mobutu. Comment la Belgique et les USA ont installé une dictature.  » Le titre du livre publié aux éditions Investig’Action, laisse penser à un brûlot conspirationniste. Pourtant, le dernier essai de Ludo Witte est tout sauf un réquisitoire sans nuances. Solidement documenté, basé sur des sources révélées pour la première fois au grand jour, notamment de nombreux câbles diplomatiques, il retrace la vaste opération militaire belgoaméricaine qui a permis à l’armée congolaise d’anéantir les Simbas, une armée mal organisée de partisans de Lumumba. Trois ans après l’assassinat du Premier ministre emblématique, elle contrôlait presque un tiers du territoire congolais, et notamment Stanleyville (Kisangani). De cet épisode, on sait peu de choses. Et pourtant, alors que les caméras commençaient à se braquer sur le conflit au Vietnam, la Belgique s’embourbait dans sa propre petite guerre postcoloniale. Présentée à l’opinion publique comme une opération de sauvetage des otages blancs, elle fut en réalité un vrai terrain de bataille de la guerre froide.
Ludo De Witte raconte, avec précision et méthode, les hésitations de Paul-Henri Spaak, alors ministre des Affaires étrangères, les massacres commis par les deux camps, le rôle des mercenaires ou encore l’arrivée de Che Guevara en personne au beau milieu de cette drôle de guerre. Riche en anecdotes, ce livre a surtout le mérite de rappeler à la Belgique un passé sur lequel elle préfère fermer les yeux, quand elle ne cherche pas à l’enjoliver.
Mais l’historien n’en est pas à son coup d’essai : en 1999, son précédent ouvrage, L’assassinat de Lumumba, avait eu un tel retentissement qu’une commission d’enquête parlementaire avait été mise sur pied. Certes, L’ascension de Mobutu, déjà paru en néerlandais il y a trois ans, n’aura pas le même impact. Mais il n’en constitue pas moins une lecture riche et troublante pour quiconque s’intéresse aux recoins sombres de l’histoire belge, à l’heure où les questions mémorielles et identitaires ressurgissent avec force dans le débat public.

Dix ans après votre enquête sur l’assassinat de Patrice Lumumba, vous publiez ce livre sur la guerre livrée par la Belgique aux rebelles lumumbistes. Pourquoi ?
Mon nouveau livre est un complément nécessaire du précédent. En général, on approche Lumumba comme un individu, avec ses qualités et ses défauts. Mais pour le comprendre, il faut bien voir qu’il n’était que l’expression politique d’un mouvement de masse qui avait mobilisé des (...)

=> Lire l’intégralité de cet entretien dans notre magazine.

Photo : Thomson / Camera Press

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