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Philocité

Viens, je t’attends...

Autrefois, la mort était proche, familière, codée et ainsi en partie domptée. Aujourd’hui, elle fait peur au point que nous n’osons dire son nom et encore moins la « préparer ».

Auparavant, c’était au sujet de la sexualité [1] qu’on racontait aux enfants des fables peuplées de cigognes et de choux. Désormais, alors qu’ils savent très tôt et parfois très crûment comment se font les bébés, c’est de la mort qu’on ne leur parle plus, sinon dans un langage euphémisé : « Papy est parti – Ah ? Et il revient quand ? » « Grand-maman est au ciel. » Et le gamin lève alors les yeux vers les nuages pour voir s’il ne l’apercevrait pas, par hasard. Sociologues et historiens s’accordent pour dire que la mort est devenue le principal interdit de notre société, remplaçant l’interdit millénaire de la sexualité. Comment alors nous y préparer sereinement ? Et comment affronter le deuil ? C’est beaucoup, beaucoup plus difficile…

L’histoire de la mort
L’histoire porte les traces d’une codification soigneuse de la mort avec une façon « canonique » de mourir pendant plus de mille ans. On savait tout d’abord qu’on allait mourir, par une sorte de reconnaissance naturelle et spontanée. On était prévenu et on prévenait les autres. Roland « sait que son temps est venu », Tristan « sentit que la vie se perdait, il compris qu’il allait mourir », comme le sait aussi le laboureur de La Fontaine.
Ce qu’on craignait alors, c’était une mort foudroyante, qui priverait des derniers instants. Les progrès de l’imagerie médicale et des examens nous suspendent aujourd’hui au verdict d’un médecin, entravant le pressentiment de la mort. Il n’est pas sûr qu’on souhaite d’ailleurs le savoir. C’est la mort foudroyante qui nous paraît une « belle mort » : « Il ne s’est pas senti partir ». Quelle chance !
Ainsi averti, on avait pourtant l’occasion de respecter un véritable (...)

=> Lire l’intégralité de cette chronique dans notre magazine.

[1Cette thèse, qui n’est plus contestée aujourd’hui, a d’abord été émise par le sociologue anglais Geoffrey Gorer, dans un article paru dans les années 60 sur la « Pornographie de la mort ». L’historien Philippe Ariès est celui qui l’a le plus exhaustivement explorée. Ses trois livres sur le statut de la mort en Occident sont devenus des incontournables de la littérature sur la mort. Nous conseillons plus particulièrement les Essais sur l’histoire de la mort en Occident, Seuil, « Points », 1975.

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