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Nature

Alain Corbin :
L’herbe dans tous ses états

Historien des sens et du sensible, Alain Corbin vient de publier un nouvel ouvrage délicieux consacré à La fraîcheur de l’herbe, qui rend hommage à l’herbe dans tous ses états, en brin ou en touffe, mauvaise ou folle, agricole ou domestique, et avec laquelle nous entretenons un lien émotionnel fort.

« Je suis né au sud du Cotentin, cette presqu’île qui rentre dans la Manche. J’avais deux ans quand je suis arrivé dans ce pays de bocages. Il n’y avait que des prés entourés de haies, des vaches normandes et des chevaux de trait. Je suis allé à l’école tardivement car mon père, qui était le médecin du bourg, m’a scolarisé à l’âge de sept ans. Ma mère m’a appris les rudiments. Pendant toutes ces années, j’étais très uni à l’herbe, elle était ma principale compagne. C’est à l’âge de vingt-trois ans seulement, après avoir passé mon agrégation, que j’ai finalement quitté les prés ».

Quand Alain Corbin, quatre-vingt-deux ans, éminent spécialiste de l’histoire des sensibilités et professeur honoraire à la Sorbonne, nous raconte les bocages de son enfance – les fleurs sauvages, les odeurs, la fenaison, les gestes du faucheur… –, on sent l’émotion à fleur de peau.

De ce « choc mémoriel », comme il l’appelle, est né son dernier ouvrage, La fraîcheur de l’herbe, qui retrace l’histoire fascinante de cette petite « sœur verte des nuages » (Rimbaud) de l’Antiquité à nos jours. L’herbe dans tous ses états que tant de poètes et d’écrivains ont célébrée dans leurs œuvres, de Virgile à Thoreau, de Zola à Giono.

« Quand j’ai commencé à travailler sur l’herbe, on m’a dit : c’est idiot, tant de choses ont été dites. Mais si le poète Francis Ponge a passé quatre ans à étudier un pré des bords du Lignon (Haute- Loire) pour écrire La fabrique du pré, c’est qu’il doit bien s’y passer des choses ! s’amuse Alain Corbin. L’herbe, c’est le lieu de l’origine, celle que l’on cherche à retrouver toute sa vie, la résurrection universelle. Notre désir d’herbe est puissant. Et si elle hante ainsi tous les écrivains depuis la fin du 18e siècle, c’est parce qu’elle est (...)

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