article-numero-niveau-3
article-numero-niveau-3
article-numero-niveau-3
article-numero-niveau-3
article-numero-niveau-3
article-numero-niveau-3
article-numero-niveau-3
article-numero-niveau-3
article-numero-niveau-3

Apprendre


Dossier

A la mer,
à la vie !

Menacés par la surpêche, les perturbations climatiques, l’acidification, le plastique, le bruit, le rejet des eaux polluées, le trafic maritime et l’industrie extractive, les océans sont en danger. Mais cette destruction massive n’est pas inéluctable : aux quatre coins du globe, scientifiques engagés, pêcheurs au long cours, militants écologistes et entrepreneurs responsables se mobilisent pour protéger ces écosystèmes marins qui couvrent 70 % de la surface terrestre. Imagine est allé à leur rencontre. A la mer, à la vie !

« T’as vu l’autre ! », s’esclaffe Jonathan en désignant, avec son délicieux accent picard, un jeune fêtard qui cuve sur le quai Gambetta. Il est 1 h 45 et la ville de Boulogne-sur- Mer dort de tout son soûl, elle aussi. La nuit est douce, le ciel dégagé. Et l’équipage du Corentin Lucas décharge à l’aide d’un palan les piles de caisses à poissons vers le bateau amarré en contrebas.

Il y a Francis, Giovanni, Nicolas, et puis Lucas, « Bébé Hulk », comme l’appellent en se marrant ses compagnons de pêche. A seize ans, le fils du patron et stagiaire de l’Ecole des mousses a le sourire et le cœur à l’ouvrage, malgré une mine encore chiffonnée par le sommeil.

Onze degrés, un vent moyen, « la mer va être calme », prédit Jonathan, en pénétrant dans la minuscule cabine de son fileyeur de douze mètres construit en 1987.
Les matelots enfilent leur salopette imperméable. Le moteur de 350 chevaux ronronne dans l’estuaire.

Cap sur le large, dans la zone 7 de l’Atlantique Nord-Est, à 8 milles marins des côtes, là où l’équipe a placé ses casiers les jours précédents. « En ce moment, on est sur les crustacés et sur la seiche », explique Francis entre deux roulis. Le Corentin Lucas fend la mer dans la nuit noire. Un œil sur ses instruments de navigation, l’autre sur le JT en continu de BFM, Jonathan maintient le cap, serein. Son fiston distribue le nescafé chaud. Les matelots fument une dernière cigarette avant de s’activer.

A proximité des premiers flotteurs, les visages sont concentrés. L’ancre jetée, le bateau tangue, les vagues viennent s’y briser : le premier filet de trente casiers lestés à 55 mètres de fond est remonté rapidement et avec méthode. Francis gère les cordages, « Giova » empoigne les lourdes nasses une à une, Nicolas et Lucas trient les crabes, les pinces seules, les araignées de mer et les coquillages. « Grâce à cette technique, on pêche des crabes vivants, on peut les sélectionner par taille et rejeter les petits à l’eau. En plus, on n’abime pas les fonds marins. » Le pont est couvert d’eau salée, d’algues et de coquilles. Mais il faut avancer en cadence : sortir les casiers, trier les crustacés, rincer le pont à gros jets…

Les visages sont couverts d’embruns et de sueur. Et quand toutes les nasses sont vides, il faut les rejeter à l’eau avec la même minutie. « Traîne pas, Bébé Hulk ! », charrie Nicolas. Peu après trois heures du matin, après quelques gorgées d’eau douce, une cigarette, les hits de Radio 6 à toute berzingue, le quatuor s’apprête à (...)

=> Lire l’intégralité de ce dossier de 12 pages dans notre magazine.

Photos : Jean-Daniel Sudres / Photocuisin / Isopix

article-numero-niveau-3
article-numero-niveau-3
article-numero-niveau-3


Les premiers concernés

Imaginons qu’une région songe à devenir indépendante et désire convoquer un référendum. (...)

Lire la suite

Le populisme
n’est plus ce qu’il était

C’est un couple belgo-argentin qui a façonné l’une des théories politiques les plus (...)

Lire la suite

L’Europe prise au piège
du basculement
du monde

Prise au piège du basculement du monde, l’Union européenne ne peut plus compter sur (...)

Lire la suite

Du tourisme de masse
au profit de qui ?

Avec 1,3 milliard de touristes en 2017, le secteur du voyage dominé par les grands tours (...)

Lire la suite

Les syndicats
font plier le Qatar

Au Népal, un actif sur deux travaille à l’étranger. Les organisations syndicales de ce (...)

Lire la suite

La science
« post-normale »

Certains problèmes sont si complexes (ou gigantesques) que même les sciences ne sont pas (...)

Lire la suite

Sans queue
ni tête

Alors que la plupart des animaux ont une queue, les humains n’en ont pas. Où est-elle (...)

Lire la suite