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Jérôme Lèbre :
« On ne se pose plus
la question du sens
de notre agitation »

Dans un monde soumis à des accélérations constantes, le philosophe français Jérôme Lèbre veut redonner du sens à l’idée d’« immobilité ». « Savoir faire halte », dit-il, est une nouvelle forme de résistance.

Vous faites l’éloge de l’immobilité, est-ce un pied de nez à l’écoulement du temps qui nous est strictement compté ?
Non, car on ne peut rien faire contre l’écoulement du temps. Pour moi, l’intérêt de l’immobilité est d’offrir la meilleure position possible pour sentir le temps qui passe, et donc de se demander ce que l’on peut faire durant ce temps.

L’immobilité est-elle un carcan qui enferme les hommes ou, au contraire, une pause qui s’offre au sage ?
Dans l’Antiquité, la sagesse c’était avant tout la capacité à méditer, à se mettre en retrait de la vie courante. Cette sagesse-là n’existe plus, du moins en Occident, suite à l’injonction qui pèse, même sur les philosophes, de travailler et d’appartenir à la vie sociale. Cependant, chaque fois que l’on s’immobilise volontairement, dans un musée par exemple, lorsque l’on contemple une oeuvre, ou que l’on est immobilisé malgré soi, cloué au lit par la maladie ou bloqué dans un embouteillage, on renoue avec cette sagesse. Dans mon éloge de l’immobilité, j’évoque le bénéfice qu’on peut tirer à profiter davantage de ces moments pour déterminer ce que l’on veut ou doit faire.
La question du sage, c’est finalement : « qu’est ce que je fais là ? ». Je propose de se la reposer chaque fois que l’on est à l’arrêt. Il s’agit d’un questionnement accessible à tout un chacun. Car nous connaissons tous des moments d’immobilité dans nos vies.

N’est-ce pas là une forme de résignation ?
Non, mon but n’est pas de me complaire dans l’immobilité. Mais lorsque l’on est en mouvement, avec un agenda bien rempli, on ne se pose plus la question du sens de notre agitation. Face à l’immobilité, c’est l’inverse : nous sommes confrontés à l’exigence absolue de donner du sens à notre existence. Mais cela se produit au moment même où cela (...)

=> Lire l’intégralité de cet entretien dans notre magazine.

Photo : Erwan Masson

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