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Portrait, ils incarnent le changement

Selma Benkhelifa :
Avoir été peut-être utile

Des migrants aux femmes victimes de violences familiales, l’avocate bruxelloise Selma Benkhelifa est de tous les combats. Hier marxiste, aujourd’hui écolo-libertaire, cette mère de quatre enfants défend les moins nantis avec idéal et radicalité et rêve aussi d’une révolution verte.


Colin Delfosse

« Quelle heure est-il quel temps fait-il / J’aurais tant aimé cependant / Gagner pour vous pour moi perdant / Avoir été peut-être utile C’est un rêve modeste et fou / Il aurait mieux valu le taire / Vous me mettrez avec en terre / Comme une étoile au fond d’un trou ».

Quand Selma Benkhelifa déroule d’une voix claire la fin du poème J’entends j’entends d’Aragon, on sent la solidarité éprouvée, le combat d’une vie, l’espoir chevillé au corps : « Il m’accompagne partout  », sourit l’avocate derrière son petit bureau du deuxième étage au n°55 de la chaussée de Haecht à Bruxelles. « Gagner pour vous pour moi perdant / Avoir été peut-être utile… C’est le sens de tous mes combats, ce pour quoi je pratique avec force et passion ce métier. »

Née d’un couple mixte – un père exilé politique tunisien et cuisinier de profession, une mère fonctionnaire « issue d’une famille où tout le monde est communiste depuis 1917 » –, elle a eu une enfance « plutôt heureuse » à Ixelles, « immergée à 100 % dans la politique » : « J’ai eu une adolescence un peu difficile : un caractère rebelle, un peu de décrochage scolaire… J’avais des profs qui me détestaient et d’autres qui aimaient mon côté revendicatif et me surnommaient ‘‘l’avocate’’. Le sentiment d’injustice a toujours été mon moteur. »
Chez les Benkhelifa, l’antiracisme est également un pilier familial : « J’ai une sœur biologique et quand j’étais ado, mes parents ont pris en famille d’accueil deux enfants d’origine camerounaise. Mon frère est décédé, mais j’entretiens toujours des liens forts avec ma sœur d’adoption. Pour moi, le multiculturalisme, c’est l’évidence même. »

L’avocate opte naturellement pour le droit, à l’ULB. Mais là, c’est la déconvenue : « Trop de par cœur, un manque de sens, enfermée dans notre tour d’ivoire… Ce que j’étudiais me semblait tellement éloigné de tout ce que je voyais et vivais dans notre quartier, Schaerbeek. C’était les années du commissaire Demol et sa clique du Vlaams Blok (extrême droite flamande), les violences policières... Le décalage était énorme. En première licence, j’ai fait un stage chez un avocat spécialisé en droit des étrangers, et là ça a été la révélation. »

A l’université, Selma cumule tout de front : les cours, un mariage précoce, la naissance de ses deux premiers enfants, les jobs d’étudiants… Et en 2001, elle rejoint assez naturellement un bureau engagé et progressiste, Progress Lawyers Network, créé par (...)

=> Lire l’intégralité de ce portrait dans notre magazine.

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