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Agir


Vélove

Vélorution :
la force du nombre

Chaque dernier vendredi du mois, partout dans le monde, le mouvement masse critique s’impose dans les villes : des milliers de cyclistes se lancent ensemble dans le trafic. Coup de projecteur sur cette « vélorution » qui remporte un succès grandissant.


D.R.

« J’aime beaucoup cette idée d’occuper l’espace public collectivement. C’est joyeux et entraînant », sourit Bénédicte, cinquante- deux ans, adepte du vélo à assistance électrique depuis peu.
« Soudain, on ne subit plus le trafic, on est le trafic. Et celui-là n’est absolument pas polluant ! », se réjouit Victor, vingt-deux ans, accro à son Peugeot Galibier 1990 vintage.
« On y va en famille, avec les enfants, ce qui leur permet de se familiariser avec la ville en toute sécurité », explique Maude, cyclo-randonneuse et mère de deux garçons de six et onze ans.
« Moi ce qui me motive plutôt, c’est l’approche foutraque, à la limite de la légalité. Ce côté autogéré, sans chef ni organisation trop stricte. On s’étale et ça me va bien ! », avance Matteo, trente-deux ans, anarchiste revendiqué, un air canaille et un vélo de récup’ « à 30 balles sur la brocante ».

Ces quatre cyclistes n’ont a priori rien en commun sinon la même passion du vélo, mais tous ont pris goût à la « masse critique », ce rassemblement organisé en milieu urbain chaque dernier vendredi du mois dans plusieurs centaines de villes à travers le monde. Ce mouvement qui rencontre un succès grandissant depuis quelques années trouve son origine en France le 22 avril 1972, avec la première « vélorution » initiée par les Amis de la Terre, événement qui avait attiré à Paris plus de cinq mille cyclistes venus protester contre le projet autoroutier qui devait longer la Seine. Durant les années 1970, d’autres occupations « vélorutionnaires  » fleuriront ça et là.

Vingt ans plus tard, l’idée franchira l’Atlantique : les habitants de San Francisco lanceront ainsi en 1992 leur première « critical mass » qui en appellera d’autres.

Le principe général de cette manifestation auto-organisée (« ou plutôt vélo-organisée », nuance Benjamin, l’un des « non-organisateurs » Chaque dernier vendredi du mois, partout dans le monde, le mouvement masse critique s’impose dans les villes : des milliers de cyclistes se lancent ensemble dans le trafic. Coup de projecteur sur cette « vélorution » qui remporte un succès grandissant. de la version bruxelloise) ? Occuper massivement à bicyclette une partie de la ville avec un objectif qui varie selon les éditions : rendre visible l’usage du vélo, attirer l’attention sur l’absence d’aménagements cyclables, populariser un moyen de transport non polluant, défendre une vision de la ville plus ouverte et plus durable…

« Les vélorutions font souvent le lien avec les problèmes actuels dus aux besoins en énergie et à ses modes d’approvisionnement et de production, aux aberrations des aménagements et du système des transports, au manque de démocratie et à la contre-productivité technique et industrielle. Le vélo est aussi vécu comme un moyen de transformation sociale, en commençant par l’apport d’une meilleure convivialité », résument les animateurs du site velorution.org.

« Eteignez vos moteurs,
respirez le bonheur ! »

Derrière ce mouvement masse critique, il n’y a ni structure, ni leaders, ni membres affiliés. Les groupes locaux (Paris, Bruxelles, Toulon, Lille, Liège… ) sont totalement autonomes. L’itinéraire est tracé en dernière minute, voté ou non, adaptable le jour J. Et toujours dans un esprit festif et ludique. Les grands principes de cette « vélosophie » ? La gratuité, l’entraide, l’apprentissage de l’autonomie, la gouvernance partagée, l’action directe…

Derrière des slogans poétiques ou enragés – « Eteignez vos moteurs, respirez le bonheur ! », « Les autos à la casse, les vélos à la place », « Enervé, pédalez ! », « Changeons le système, pas le climat ! »... –, on voit émerger un mélange de (...)

=> Lire l’intégralité de cet article dans notre magazine.

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