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Prendre le temps


LE PAYS PETIT
La chronique de Claude Semal, auteur-compositeur, comédien et écrivain

Grande vacance

La prépension avant la lettre. La paix des braves. L’éternelle troisième mi-temps. Ô temps, suspends ton vol charter, tes trains SNCF et tes autoroutes à péage.
La grande vacance.
Plus de tweet assassin, de post hilarant, d’analyse politique définitive.
« Débranche… ! », chantait-elle. J’ai. Débranché.
Loin des réseaux sociaux, sans radio, sans journaux, sans télé, mon univers s’est brusquement réduit aux 200 mètres carrés de mon jardin estival.
J’avais un avis sur tout. Je n’ai plus d’avis sur rien.
A quoi rêvent les arbres, les mésanges et les mollusques ? La glycine a fait trois fleurs cette nuit.
La voisine a déposé sur notre seuil deux courgettes dodues et cinq Noires de Crimée (carrément obèses).
Sur la terrasse, le petit crapaud timide a revisité notre seau de compost. En voilà, des nouvelles !
A l’heure de l’apéro, les copains alimentent quotidiennement le journal parlé. Il y a une poussée de girolles du côté de Saint-Astier.
La jument de Marie est en chaleur (mais elle a peur de l’étalon).
Le vieux Gaston est mort. Ce week-end, ses enfants organisent un vide-maison et un vide-grange au Maine. Pour deux euros, j’y ai acheté une chignole antique, et un outil inutile pour ramasser les topinambours. Qui font péter.
En voilà, des infos !
Et s’il fait aussi chaud demain, ira-t-on au lac de Nantheuil, à la piscine municipale ou à la rivière ?
Ça, c’est un débat !
Bon, finalement, ce sera la rivière.
En face de la buvette du camping, reprise l’année passée par des Belges, les gamins improviseront pendant des heures, avec un arbre penché et une corde à nœuds, un jeu étrange entre escalade, saut en parachute et plouf-dans-l’eau.
Cela les change de Fortnite, de Paladins et de Fifa 2018.
Et moi, à défaut de traquer les cèpes d’été, évaporés en ces jours de sécheresse, j’irai tracer la carotte sauvage et le Chénopode bon-henri sur les chemins des alentours [1].
Ne croyez pourtant pas qu’on s’ennuie par ici.
Après la tempête, qui a couché des arbres sur toutes les routes vicinales, nous avons vécu 48 heures sans électricité. A la bougie. En vrais écolos antinucléaires.

****

Comme d’épisodiques bouffées de musique nocturne quand s’entrouvre la porte du bal, m’arrivent encore parfois quelques échos du monde.
A Paris, un barbouze présidentiel s’est fait les poings sur deux manifestants le Premier Mai (ce que mon cerveau raplapla a aussitôt rebaptisé « affaire Ben Bella »). Au Mexique, le candidat de gauche a gagné les élections présidentielles. Bonne chance à lui : depuis le premier janvier, il y eut là-bas onze mille assassinats.
Trump et Juncker ont conclu leurs petites affaires douanières.
En politique internationale, on a presque toujours le choix entre un fou et un salaud.

[1Dégustez les plantes sauvages de François Couplan.

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