article-numero-niveau-3
article-numero-niveau-3
article-numero-niveau-3
article-numero-niveau-3
article-numero-niveau-3
article-numero-niveau-3
article-numero-niveau-3
article-numero-niveau-3
article-numero-niveau-3

Agir


Mobilité

« A Dunkerque,
où tout est gratuit »

CDU

Dunkerque est la seule métropole au monde à offrir, depuis septembre 2018, la gratuité totale de ses transports publics. Une innovation spectaculaire dans une ville marquée par le déclin industriel, presque entièrement détruite au cours de la Seconde Guerre mondiale et reconstruite pour la déesse automobile. Reportage.

Le bus numéroté 20 est français, mais il s’aventure jusqu’en territoire belge. Toutes les demi-heures, un véhicule quitte la gare de La Panne pour prendre la direction de Dunkerque. Duinkerk, l’église des dunes. L’esprit jacobin n’a pas tout effacé du vieux flamand qui était ici chez lui, voici quelques décennies encore. Flandre belge, Flandre française : la frontière alors importait peu. De nos jours, celle-ci reste perméable. Qu’ont été faire en pays voisin ces trois jeunes filles françaises qui prennent le bus à La Panne, ce mercredi en fin d’après-midi ? Le bus démarre, avec ses quatre uniques passagers (les trois filles et nous) enfin protégés du froid glacial.

Les personnes suivantes qui grimpent à bord sont une vingtaine de migrants – des Afghans, vraisemblablement. Un centre pour demandeurs d’asile se tient non loin de là. On aperçoit aussi, depuis le bus, des serres où sont cultivées des fleurs. Y travaillent-ils ? Le bus repart, s’arrête à nouveau, repart. Les noms des arrêts sont beaux et évocateurs. Duinhoeck. Duinstraat. Frontière. Grande Mare. Albert Ier. Aigue-Marine. Le Domino. L’Ouest. Oyats. Montent ensuite deux frères presque jumeaux, âge indéterminé, blousons de motard en cuir noir, tatouages presque effacés sur les mains et les avant-bras.

Après Bray-Dunes, ce sont encore trois jeunes filles, dix-huit ans au jugé, pimpantes, maquillées et bavardes, chacune avec une poussette et dans chacune un très petit bébé. Et puis sur la route, il y a les très belles briques rouges de l’hôpital maritime de Zuydcoote et des réverbères verts le long d’une avenue bordée d’arbres.

En montant dans le véhicule, on a éprouvé une impression grisante, un goût de fruit défendu, ce qui n’est pas commun quand on prend le bus. On n’a acheté aucun billet, on ne possédait pas d’abonnement, pas le moindre argent liquide en poche. Rattrapé par la crainte du flagrant délit, on s’est finalement enquis auprès du chauffeur. « Il ne faut pas de ticket, n’est-ce pas ? » Et le chauffeur de répondre, triomphal et sûr de son effet : « A Dunkerque, tout est gratuit ! »

On appellera ça le sens de l’hyperbole. Tout n’est pas gratuit à Dunkerque, mais les bus, si. Le 1er septembre dernier, cette agglomération de 200 000 habitants est devenue la seule métropole d’Europe à offrir la gratuité totale de ses transports collectifs. La mesure a drainé en ville des nuées de journalistes. En notoriété, le bénéfice s’est avéré presque équivalent aux retombées de la superproduction Dunkirk, réalisée par Christopher Nolan, et de la série Baron noir, où Kad Merad incarne Philippe Rickwaert, député-maire socialiste de Dunkerque d’un machiavélisme plus vrai que nature.

Six mois plus tard, l’effet est spectaculaire. Hors vacances scolaires, la fréquentation des bus dunkerquois atteint entre 50 000 et 60 000 personnes, pour une moyenne qui était de 37 000 avant la gratuité. L’augmentation est plus marquée encore les dimanches et jours fériés : 15 000 voyageurs environ, contre 6 500 auparavant. Le bus est devenu pour cette ville portuaire et sidérurgique, qui ne cesse de perdre des habitants et qui compte un chômage supérieur à la moyenne française, le vecteur d’un (...)

=> Lire l’intégralité de ce reportage de 5 pages dans notre magazine.

article-numero-niveau-3
article-numero-niveau-3
article-numero-niveau-3


Saignant, rosé, à point.

Ce que nous mangeons est au carrefour de l’intime, du biologique et du social. Quoi de (...)

Lire la suite

Rajagopal P.V.,
8 000 kilomètres à pied pour la justice

Rajagopal P.V. est un leader non-violent indien. Ses marches de protestation ont déjà mobilisé (...)

Lire la suite

Congo :
une alternance arrangée

L’alternance n’a pas eu lieu au sommet de l’Etat congolais. Félix Tshisekedi (...)

Lire la suite

Nicolas Van Nuffel, coalition climat : Etat d’urgence climatique

2019 sera-t-elle l’année de l’état d’urgence climatique en Belgique ? Nicolas (...)

Lire la suite

Francesco Melloni et elena Diara,
cyclo-vidéastes :
un goût de liberté

Un couple de vidéastes italiens explore cette question simple et fondamentale : pourquoi les (...)

Lire la suite