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Publié dans notre magazine n°133 - mai & juin 2019

Carnet de grève

Youna Marette :
« Nous sommes
la Nature qui se défend »

Pendant plus d’un mois, Youna Marette, 17 ans, l’une des figures de proue du mouvement Génération Climat, a tenu un carnet de bord pour Imagine. Récit d’une lycéenne engagée corps et âme dans un combat de longue haleine, entre ses cours, les actions de grève à répétition, les multiples sollicitations médiatiques, son engagement au sein de l’ONG Défi Belgique Afrique et son irrépressible besoin de faire bouger les lignes.


D.R.

Mercredi 27 février
18h36, je suis dans le train vers Bruxelles après une rencontre de deux heures avec les représentants de plusieurs partis. Face à plus de cent jeunes, Di Antonio (CDH), Schlitz (Ecolo), Crucke (MR), Hedebouw (PTB) et Magnette (PS) ont soi-disant « répondu » à nos questions, celles d’une génération. Je ressors déçue de l’amphithéâtre, encore une fois.
Crucke a vanté les mérites de la Wallonie qui « va atteindre ses objectifs ». Hedebouw a fait son one man show en se moquant ouvertement de Marghem, la ministre fédérale du climat, grâce à qui il est devenu plus populaire avec cette vidéo prise au parlement qui a pas mal tourné sur les réseaux.
Je ne ferai aucun commentaire sur les autres qui étaient tout aussi ridicules.
A part Sarah (Schlitz), la seule femme d’abord, et ensuite la seule à avoir pris la peine de répondre aux questions en rappelant que c’était quand même le but de cette rencontre. Treize euros et deux heures de perdus donc !

Jeudi 28 février
6h20, 8e semaine de grève. Après une courte nuit, je me lève et me prépare pour aller en cours. Le jeudi matin, j’y vais une heure, mais je serai notée absente pour toute la matinée. J’y vais parce que ça me parait normal et que je ne veux pas abuser de la compréhension et de la liberté que mon établissement m’accorde.
9h10, je sors de l’école et me rends en transports en commun à la gare du Nord. Comme d’habitude, j’ai rendez-vous devant chez Exki avec les autres membres de Génération Climat et les médias.
Aujourd’hui, je suis suivie par Jean-Claude Riga, un cinéaste qui tourne un film autour de nos mobilisations et Martin, un journaliste de la RTBF, et interviewée par un copain qui fait son stage chez Moustique.
11h, Luna Bauwens de Youth For Climate Bruxelles, m’envoie un SMS pour me dire que le cortège démarre dans quelques minutes. Nous nous mêlons au cortège, accompagnés de Martin et du caméraman.
Après 1h de marche, les chiffres tombent : nous sommes plus ou moins 1 500 réunis ici. On s’y attendait, étant donné que la grosse manifestation avait lieu à Anvers et qu’il y en avait d’autres un peu partout en Belgique. Je fais encore quelques interventions pour la RTBF, puis je file à un rendez-vous médical.
Après cela, je repasse en vitesse chez moi pour (enfin) déjeuner, avant de rejoindre une journaliste du Soir dans un café. En 1h30, on discute et prend quelques photos. Elle prévoit un portrait « sous un autre angle ».
Dans la foulée, je prends le temps de répondre à quelques emails avant de recevoir plusieurs messages. On m’apprend qu’il y a une (grosse) erreur dans l’interview que j’ai donnée la veille à la RTBF à Namur : ils m’ont affiliée à YFC alors que je fais partie de Génération Climat. J’appelle alors la journaliste pour lui demander s’il est possible de corriger, elle me promet que ce sera fait au plus vite. Une fois ce problème réglé, je réponds à mes autres messages en retard. Mais il est déjà temps de me rendre à mon baby-sitting.
21h30, les enfants sont au lit et je m’embête. Je décide alors de faire un tour sur Facebook pour lire les commentaires sous le post de Brut qui reprend une partie de mon discours à la conférence internationale Women 4 Climat de jeudi dernier à Paris : plus d’un million de vues et des milliers de commentaires !
Je passe quinze minutes à les lire et au milieu de ce ramassis de haine contre notre mobilisation, j’identifie des réactions racistes qui me touchent définitivement plus que ce que j’aurais imaginé.
« Il nous manquait une crollée de couleur pour le climat ! » ou encore « bon, le gamin a un faible pour les oiseaux sur la tête, c’est un bon début ».
Je décide de les poster sur ma story Instagram pour montrer que l’exposition médiatique est loin d’être toujours positive et peut atteindre un individu au fond de lui-même. Les réactions fusent, je décide de couper mon wifi et d’attendre gentiment le retour des grands-parents des enfants que je garde.

Vendredi 1er mars
Minuit, enfin dans mon lit, je pense à la courte nuit de sommeil et à la journée chargée qui m’attend.
6h45, je me lève en retard et me dépêche de me préparer pour ne pas rater mon bus. A mon arrivée à l’école, mes camarades me demandent si je suis prête pour notre interrogation de physique. Mince. J’avais oublié et n’ai du coup pas étudié. Tant pis, je relirai mon cours pendant le cours de math.
12h45. On sort des cours et mes amis me demandent si je viens manger un bout avec eux. Je ne peux pas (encore une fois) car une étudiante en journalisme vient chez moi pour faire mon portrait.
16h30, je viens à peine de finir de grignoter qu’on sonne à la porte. J’ouvre et découvre une grande métisse, un beau sourire aux lèvres. On passe plus d’une heure à discuter, tout est enregistré, c’est assez professionnel. Elle m’annonce qu’elle me suit sur Instagram et qu’elle a donc lu les propos tenus à mon égard et me demande ma réaction. Je lui dis que c’est une goutte d’eau de plus dans le vase qui pèse sur mes épaules pour le moment. Je n’irai plus jamais lire les réactions des internautes.

Samedi 2 mars
Ce matin, je me lève à 10h et me sens revivre : c’est ma première vraie nuit depuis un moment. Très vite, je me rends compte que j’ai énormément à faire : répondre à des questions pour Sud Presse, écouter mon interview sur la Une, travailler pour l’école, puis me rendre à Louvain-la-Neuve pour une réunion Génération climat et des étudiants du Student for climate. Longue journée donc.

Dimanche 3 mars
16h, je me rends à une réunion en ville avec Rise for Climate pour discuter de l’organisation des mobilisations du 15 et 31 mars. On discute des aspects pratiques et de la manière dont je peux m’investir au sein de Rise. On décide que je servirai de relation entre eux et les différents groupes organisateurs des jeunes (GC, SFC et BFC…).

Lundi 4 mars
De 9h à 16h, je participe à une formation de la Croix-Rouge pour obtenir mon brevet européen des premiers secours. C’est utile pour plusieurs raisons : si un accident survient lors d’une manifestation, quand un des jeunes que j’encadre via mon ONG se blesse, lorsque je vais passer mon permis et puis aussi dans la vie de tous les jours.
A 16h, je me dépêche pour me rendre dans les bureaux de Plan International qui a accepté de nous prêter un local de réunion. Pendant plus de 2 h, je rencontre plusieurs responsables de l’organisation de la grève du 15 mars et un représentant de YFC pour décider une fois pour toutes du programme qui sera appliqué dans toutes les provinces de Belgique. Des actions locales seront organisées dans tout le pays en matinée.
A Bruxelles, on décide de contacter les communes pour avoir accès à différentes salles pour organiser des discussions entre experts et citoyens. On contacte aussi des cinémas indépendants pour pouvoir projeter gratuitement des films qui tournent autour du climat, comme le film Demain. Et puis on désigne des responsables pour organiser des débats tournants et pour planter symboliquement un arbre dans chaque commune.
A 13h30, on prévoit une grande marche nationale dans la capitale avec, à la fin, de la musique, des food truck, une foire aux associations. C’est un lourd programme qui demande énormément d’organisation et d’investissements.

Jeudi 7 mars
Je travaille toute la journée dans un magasin du Woluwe Shopping Center. Durant ma pause d’une demi-heure, à midi, j’ai accepté d’accorder une interview vidéo à un collectif de féministes qui fait une campagne sur l’écoféminisme. Le but de cette campagne est de faire un lien entre les femmes et l’écologie, combat qui, à mes yeux, est essentiel.
A 19h, une fois que j’ai fermé la boutique, je me rends dans un bar proche pour rencontrer un journaliste du magazine Moustique. Il m’annonce que son plan A était de faire une interview groupée avec Anuna (De Wever), Adélaide (Charlier) [deux autres leaders du mouvement climatique] et moi. Etant donné nos « agendas de ministres », il a dû se replier sur son plan B et nous interviewer séparément. Après ça, je rentre chez moi complètement crevée.

Samedi 9 mars
Je me lève à 6h30 car j’ai encore énormément à faire pour la grève du 19 mars. J’ai aussi une conférence à préparer pour mardi et beaucoup de travail pour l’école. A 11h, je me rends près du cimetière d’Ixelles pour rencontrer deux représentants du Lions Club qui s’occupent de mon dossier pour un concours auquel on m’a inscrite : le Young Ambassador Award. Il s’agit de présenter des jeunes qui mènent des projets de développement et de leur faire gagner des fonds pour les financer.
Normalement, je suis là pour représenter les projets en éducation à la citoyenneté mondiale et solidaire de mon ONG DBA (Défi Belgique Afrique). Mais dès le moment où j’entre dans le café, mes interlocuteurs me reconnaissent et commencent alors à m’expliquer à quel point j’aurais plus de chance en représentant la mobilisation jeune plutôt que mon ONG.
Je suis assez réticente. Je ne suis pas seule dans ce vaste mouvement et je me vois mal me l’approprier. Ensuite, je suis là pour représenter mon ONG et je n’ai pas l’intention de les laisser « de côté ». Après une longue discussion, je leur annonce que je réfléchirai à leur proposition de modification de ma présentation et m’en vais avec un mal de tête insupportable.

Lundi 11 mars
Hier, j’ai passé ma première journée depuis longtemps avec ma famille. C’était l’anniversaire de ma maman, j’ai refusé plusieurs réunions et interviews et ça m’a fait du bien ! Aujourd’hui, je retourne à l’école et redoute cette semaine car j’ai énormément de rendez- vous programmés après mes cours.

Mardi 12 mars
Je pars de chez moi avec mes cours et mon ordinateur qui contient mon discours. Dans le bus, je pense à ma journée qui va encore être une fois bien chargée : cours, réunion avec Génération climat (GC), conférence.
A midi, un de mes professeurs m’interviewe pour le journal de l’école. Il veut savoir d’où vient mon envie de révolte. ll veut connaître un peu plus mon contexte familial, me pose des questions qui reviennent souvent. Comme toujours, j’évite le plus possible de me répéter et j’essaie de trouver de nouvelles manières de m’exprimer.
Vers 15h30, je me rends dans un café de Saint-Gilles où j’ai rendez-vous deux heures plus tard avec GC. J’en profite pour finaliser mon discours, tâche qui me prend plus de temps que prévu. Pendant cette réunion, on passe au peigne fin les candidatures qu’on a reçues. Certaines sont très intéressantes, d’autres un peu moins.
A 19h, on se rend à la conférence à Pianofabriek. Une dame âgée m’interpelle et me confie qu’elle est venue « rien que pour me voir ». On discute quelques instants. A 22h, la conférence se termine, on a parlé convergence des luttes, féminisme, écologie, antisémitisme…

Mercredi 13 mars
A 15h, je me rends à la maison des jeunes de Boisfort pour préparer la conférence que j’y donnerai début avril. On discute une petite heure, avant un autre rendez-vous.
En entrant dans le café, j’aperçois un homme qui doit être Bertrand, le photographe et podcasteur que je dois rencontrer. Il me propose une séance photo extérieure. Notre rencontre aura duré presque deux heures et je me sens fatiguée d’avoir autant parlé et me réjouis de pouvoir rentrer dormir chez ma grand-mère ce soir.

Jeudi 14 mars
Pour une fois, je suis toute la journée en cours un jeudi. Ça me fait drôle. Certains profs sont ravis de me voir, d’autres m’interrogent par rapport à l’organisation du lendemain. A la fin des cours, je me dépêche de rentrer chez moi, de prendre mes affaires pour me rendre dans les studios de Bx1 pour participer à une émission avec S4C et l’intellectuel David van Reybrouck. On aura l’occasion de faire le point sur la mobilisation des jeunes. Après quoi, j’ai rendez-vous avec une membre du staff de mon ONG pour préparer le week-end de formation qui approche. Je rentre chez moi fatiguée, comme souvent ces dernières semaines. La soirée est déjà bien avancée mais j’ai encore des messages et des choses à régler.

Vendredi 15 mars
A 9h, je vais au centre culturel d’Auderghem pour régler les derniers préparatifs avant l’arrivée des élèves. On projette le film Demain, avant d’aller ensemble planter un arbre en guise de symbole de la mobilisation des jeunes.
Ensuite, Louise et moi nous courons pour prendre le métro et ne pas manquer le début de notre grande manifestation. On arrive juste à temps en tête du cortège. On rejoint Anuna, Kyra, Adélaïde et tous les autres organisateurs. Je me sens assez vite oppressée par la forte présence des journalistes.
Plusieurs policiers en civils et stewards nous encadrent, pourtant j’ai un sentiment d’insécurité et l’impression de ne pas être à ma place. De plus en plus de personnes me reconnaissent dans la rue ou ailleurs et mes relations avec les autres changent. Je mesure concrètement les effets de cette médiatisation et les conséquences du « culte de la personnalité ».
Pour la première fois, on me fait aussi remarquer que je représente une minorité et que c’est peut-être pour ça qu’on m’écoute. J’avoue n’avoir jamais pensé à cet aspect et m’écarte de cette journaliste qui me pose un peu trop de questions personnelles.
Après deux heures de marche, le cortège arrive enfin à la gare du midi, on m’annonce que je dois faire un discours sur la scène avec Adélaïde, Kyra et Anuna. J’improvise quelques mots qui motiveront la foule.
Après ça, je vais prendre le métro et puis le bus. Plusieurs personnes me félicitent de mon engagement. Je vais m’asseoir au fond, mes écouteurs dans les oreilles pour éviter tout contact.
Je suis fatiguée et ma tête explose.
Arrivée chez moi, je rassemble rapidement mes affaires et file vers Namur où j’ai une formation à donner tout le week-end pour mon ONG DBA. Ce week-end, on va aborder la question de la colonisation pour déconstruire le plus possible les stéréotypes des jeunes vis-à-vis de l’Afrique. Dans 122 jours, on part au Rwanda et on a encore beaucoup à faire. J’aimerais pouvoir m’investir à 100% dans l’ONG, mais le temps manque.


Greenpeace / Tim Dirven

Samedi 16 mars
Durant toutes mes activités, je reste scotchée à mon téléphone car j’attends un appel de France 5 qui veut m’inviter demain sur leur plateau.
Soudain, je me rends compte que, bien que présente physiquement, j’ai plus la tête prise par mes responsabilités médiatiques que par mes études. Ce constat me dérange fortement. Pour la première fois, depuis plusieurs semaines, j’éteins mon téléphone et le range dans mon sac : incroyable, je respire enfin et me dit que si quelqu’un me contacte, il pourra bien, pour une fois, attendre. Ça fait du bien de pouvoir lâcher prise.

Dimanche 17 mars
Mon week-end se termine bien, je suis fatiguée mais très heureuse d’avoir pu passer trois jours avec toutes ces personnes qui depuis trois ans sont à mes côtés. C’est comme une ancre et une famille pour moi.
A 21h, je suis chez moi, à Bruxelles, et me mets à travailler pour l’école avant d’affronter cette nouvelle semaine qui s’annonce intense.
Entre temps, France 5 a contacté mon papa : ils font finalement une émission sur les gilets jaunes, changement de programme qui m’arrange car j’ai réellement besoin de me reposer.

Vendredi 22 mars
Enfin le week-end ! Cette semaine, j’ai slalomé entre réunions, actions, scènes et discours. Je ne me sens pas très bien. Hier, j’ai participé au blocage de l’esplanade à Louvain-La-Neuve et j’ai pris un coup sur la tête de la part d’un agent de sécurité. J’ai une bosse et un mal de tête incroyable.
J’ai le nom de la compagnie de sécurité mais je ne porterai pas plainte, je n’en ai pas l’énergie. Ce week-end, je me rends à Paris, j’y suis invitée par Mediapart qui célèbre sa 10e année avec un festival. J’y vais accompagnée de ma meilleure amie qui fait l’aller-retour avec moi.

Dimanche 24 mars
Dans le train de retour de Paris, je fais quelques synthèses pour l’école et travaille à la communication du blocage qui a été lancé rue de la Loi. Des centaines d’activistes sont venus avec leur tente et leur sac de couchage pour y rester deux nuits. Je devais les rejoindre ce soir mais je n’ai pas la force de passer une nuit dehors et d’aller en cours demain matin. Je décide de rentrer chez moi pour dormir quelques heures au chaud avant d’aller en cours.

Lundi 25 mars
Je suis fatiguée, très fatiguée et j’ai un babysitting le soir avant de rejoindre l’occupation qui s’est déplacée place du Trône dans la matinée suite à des problèmes avec les autorités.
21h, les enfants dorment, je peux m’en aller. Je prends mon sac que j’avais préparé un peu plus tôt dans l’après-midi et m’en vais vers le centre-ville.
Une fois arrivée à Trône, je suis surprise de la forme que l’action a prise : on ne dérange plus rien ! Les tentes sont installées sur le gazon de part et d’autre de la statue de Léopold II complètement prise d’assaut.
Une scène est installée sur le bord du trottoir et de la musique joue en continu. Les centaines d’activistes dansent et partagent ensemble ce moment.
Les images sont fortes mais je ne vois plus aucune trace de désobéissance civile. Déçue, je me dis que finalement je rentrerai dormir chez moi à un moment dans la nuit. Durant la soirée, je croise beaucoup de têtes que je connais. Je fuis les caméras des grosses télés ne voulant pas m’approprier cette action qui est organisée par Act for Climate, puis je rejoins Anuna et Adélaide qui sont là depuis hier soir.
Vers 23h, un organisateur annonce au micro qu’une réunion est fixée le lendemain à 9h pour organiser la journée. Je trouve que c’est trop tard. On devrait prévoir dès maintenant une action forte !
A 1h, je cours attraper le dernier bus. J’ai décidé de rentrer chez moi.
Je suis en train de tomber malade et je ne vois pas très bien à quoi ça sert de dormir sur le gazon du Parc. Ce n’est pas la rue de la Loi…

Jeudi 28 mars
7h15, dans le train direction Paris. J’y vais pour participer à la conférence Impact2 organisée par Anne Hidalgo et Nicolas Hazard. J’y suis invitée pour introduire un panel à propos de l’entreprenariat chez les jeunes et suis très honorée.

Mercredi 3 avril
Je pourrais encore écrire énormément, mais je dois boucler ce journal de bord. Je pourrais parler de ma journée de formation samedi pour mon ONG, de la marche de dimanche avec Rise for Climate, de l’interview Skype que j’ai donnée lundi ou encore de la conférence que j’ai donnée aujourd’hui mais je m’arrêterai là, parce que toute chose a une fin. Ce carnet se termine là, mais pas mon combat.
Au contraire, il ne fait que commencer !
Le 26 mai marquera un tournant pour moi et pour toute notre génération.
Soyez sûr que vous entendrez parler de nous encore longtemps ! Jusqu’à ce que mon futur et celui de notre planète ne soient plus en danger ! Là, j’ai envie de crier : « Citoyens, faites comme nous. Levez-vous pour défendre vos idéaux et battez-vous contre ce que vous jugez mauvais. Vous ne pourrez en sortir que plus grands ! »
Nous vivons dans un monde qui est fou, nous savons que nos sociétés basées sur le capitalisme et la croissance nous mènent droit dans le mur. Nous savons que nous détruisons chaque jour un peu plus la planète qui nous abrite et pourtant nous ne faisons rien, ou pas assez, pour y remédier et assurer un avenir aux générations à venir. Suicidaire, non ?
Depuis de nombreuses semaines, les jeunes du monde entier descendent dans les rues et scandent le message de toute une génération : nous désirons autre chose, un autre horizon que celui de l’accumulation matérielle et l’aliénation des individus. Prenons soin de notre planète car c’est la seule dont nous disposons. Nous ne défendons pas la Nature, nous sommes la Nature qui se défend.

Youna Marette

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