Politique, par Jean Faniel, directeur du Crisp

Encore des élections !

Décembre 2018. Le gouvernement fédéral vacille puis chute. « Quoi ? Encore des élections ?! » Quasiment tous les partis politiques considèrent qu’il ne faut pas de scrutin anticipé, entre celui d’octobre et celui à venir en mai 2019. Les Belges seraient lassés de voter si souvent. À 6 000 km de là, au contraire, un nouveau report des élections présidentielles risquerait de remettre le feu aux poudres au Congo. « Quoi ? Toujours pas d’élections ?! »

En Belgique, on a pris l’habitude de voir s’enchaîner les échéances électorales. Tous niveaux de pouvoir confondus, on a voté quarante-quatre fois de 1946 à 2014. Soit, en moyenne, tous les dix-neuf mois et demi. Parfois à une semaine d’intervalle, par deux fois seulement à quatre ans d’écart [1]. Cette fréquence est liée, d’une part, à l’instabilité et aux tensions politiques qui ont marqué tout particulièrement les années 1970 ou qui, plus récemment, ont provoqué la tenue d’élections anticipées en 1987 et en 2010. Elle est due, d’autre part, à la démultiplication des niveaux de pouvoir comportant une assemblée élue puisque, aux élections communales, provinciales et législatives (Chambre des représentants et Sénat) se sont ajoutés non seulement le scrutin européen à partir de 1979, mais aussi l’élection des assemblées germanophone dès 1974, bruxelloise à partir de 1989, ainsi que wallonne et flamande depuis 1995, ces différents scrutins étant réunis (et alignés sur le calendrier européen) depuis maintenant vingt ans [2].

Un ralentissement de la cadence électorale…
Lors de la sixième réforme institutionnelle, il a été décidé de faire désormais coïncider – sauf scrutin fédéral anticipé – l’élection de la Chambre des représentants et les élections européennes, régionales et communautaires [3].

Entre le 25 mai 2014 et le 14 octobre 2018 s’est déroulée la plus longue période sans élection (en temps de paix) qu’ait connue la Belgique. Au niveau fédéral, la Suédoise a globalement profité de cette stabilité pour mettre en œuvre l’essentiel de son programme de gouvernement ; par contre, le résultat du scrutin local de 2018, assez peu favorable aux partis de la majorité fédérale, a miné cette coalition jusqu’à la faire chavirer.

Au niveau wallon, en revanche, le changement d’attelage intervenu en juillet 2017 a écourté la vie du premier (...)

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