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Publié dans notre magazine n°133 - mai & juin 2019

Migrations

Moria ou
les limbes de l’Europe

Au-delà des conditions d’hébergement précaires, des lourdeurs administratives, de la promiscuité et du manque d’intimité, le camp de Moria à Lesbos est aussi un lieu de vie et d’espoir.

Si le nom de Moria est connu du public, c’est de bien funeste façon. Il s’agit en effet du nom d’un hotspot, un de ces neuf camps créés en Grèce et en Italie dès 2015 afin de faire face à la « crise » migratoire. Situé sur l’île de Lesbos, aux confins de la Grèce, le camp de Moria est issu de la signature, le 18 mars 2016, d’un deal entre l’Union européenne et la Turquie. Cet accord prévoit en effet que tous les migrants « irréguliers » ayant traversé la Méditerranée vers l’Europe depuis la Turquie seront dorénavant renvoyés vers ce pays. Ceci implique donc qu’un important travail de « tri » soit effectué aux frontières de l’Europe entre migrants « admissibles » et migrants « irréguliers ».

De la sorte, les hotspots se transforment rapidement en de véritables « gares de triage ». En l’absence de l’infrastructure nécessaire pour mener à bien cette mission, celle-ci a lieu dans des conditions effarantes : des milliers de personnes sont entassées par tous les temps dans des tentes ou, dans le meilleur des cas, dans des containers, pratiquement sans accès à une assistance médicale ou juridique, sans enseignement pour les enfants et dans des conditions matérielles épouvantables.

Face à cette situation, des organisations non gouvernementales et associations tentent rapidement de pallier tant bien que mal le manque de tout et de prodiguer, chacune à leur niveau, une aide d’urgence. Ainsi, dès l’été 2016, une ONG commence à mettre en place un programme destiné à fournir une aide juridique gratuite aux résidents de Moria.

Avocate au barreau de Bruxelles, spécialisée en droit d’asile, Marie Doutrepont passe alors trois semaines à Moria en mai 2017 pour le compte de cette organisation. Bouleversée par ce qu’elle voit, écrasée par le sentiment d’impuissance et portée par la vie qui, malgré tout, survit, elle écrit tous les jours une lettre à ses proches, pour raconter ce qu’elle voit et se purger des émotions de la journée.

À son retour, elle publie vingt-et-une lettres en un recueil intitulé Moria. Chroniques des limbes de l’Europe (180° éditions). Il s’agit d’un témoignage rare, le camp étant interdit aux journalistes. Imagine a décidé de publier six de ces lettres. Voici la première d’entre-elles.


Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge

Première lettre, 9 mai 2017

J’ai envie de vous raconter ces premiers jours ici en commençant par mon deuxième rendez-vous, hier. Une dame congolaise complètement épuisée. Elle vient chercher des radios du dos faites chez MSF, Médecins Sans Frontières, et qui avaient été déposées à l’appui de sa demande d’asile.
Je ne sais pas grand-chose d’elle, si ce n’est qu’elle s’appelle Antoinette et qu’elle a été victime de graves persécutions liées au genre. Passé le moment pratique, où je m’assure que les radios lui seront rendues, il n’y a plus grand-chose à (...)

=> Lire l’intégralité de cet article dans notre magazine.

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