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Prendre le temps


Publié dans notre magazine n°133 - mai & juin 2019

Grand entretien

Aymeric Caron :
« L’humanité a toujours progressé grâce aux utopistes »

Désastre écologique, drames migratoires, inégalités criantes… Plutôt que le cynisme ou l’indifférence, Aymeric Caron conseille à ses frères humains d’oser l’utopie. Dans son livre Utopia XXI, le journaliste propose une salve de solutions audacieuses pour rendre l’espoir aux habitants de la terre.

On l’avait découvert comme chroniqueur éclectique dans un talk-show taillé pour l’audimat. On l’avait suivi de loin comme militant exalté de la cause animale. On le retrouve en intellectuel énervé, idéaliste sombre, révolté brûlant. Avançant, non sans peine, sur le chemin ouvert il y a cinq siècles par Thomas More, père fondateur de l’idée d’utopie, Aymeric Caron a travaillé plusieurs mois en ermite, couchant sur papier une liste de propositions provocantes qui devraient à ses yeux rendre l’existence humaine plus digne et le globe terrestre plus vivable. Cela donne Utopia XXI, somme non dénuée d’humour, portée par un incontestable élan. Son auteur y argumente pour la création d’un revenu universel, pour l’instauration d’un salaire maximum, pour la semaine des quinze heures de travail, pour une démocratie où la politique ne serait plus un métier, pour le bannissement des menteurs hors du débat public, pour la limitation des naissances, pour la mise en place d’un gouvernement mondial, pour l’abolition du commerce de viande…

Ce jeudi soir, la rencontre se tient autour d’un wok végé, dans les salons d’un hôtel à l’architecture moderniste, au bord d’une Meuse aux flots puissants (il a beaucoup plu la veille). De passage en Belgique comme orateur des Grandes conférences liégeoises, l’ancien reporter de guerre – un métier qu’il exerça de 1998 à 2006, notamment pour Canal+, du Congo à l’Irak, de l’Afghanistan au Kosovo – prend un plaisir manifeste à détailler sa pensée. Au fil de l’entretien, se dévoile un homme nourri de tragique, pessimiste sur la nature humaine, mais d’autant plus résolu dans sa soif de bâtir l’utopie, de rendre l’espoir aux déprimés et aux dépités. Au bout d’un voyage long de plus de cinq cents pages, le livre Utopia XXI se referme sur ces mots : DEBUT. Car évidemment tout reste à construire. Alors commençons.

Votre livre se présente comme un volumineux manifeste dont le fil conducteur serait l’idée d’utopie, notion devenue presque péjorative, car associée à la niaiserie, à l’optimisme béat. Pourquoi l’utopie ?
Effectivement, l’utopie est porteuse d’une connotation négative. On considère que c’est une vision du monde très naïve, déconnectée de la réalité. Je pense que c’est tout le contraire. L’idée a été conçue il y a cinq siècles par un homme, Thomas More, qui était un diplomate et un dirigeant politique. S’il a écrit son livre Utopia, lors d’un voyage dans ce qui est aujourd’hui la Belgique, c’est parce qu’il n’était pas satisfait de la société qu’il connaissait. Il imaginait une société meilleure et il a voulu conceptualiser ce désir. Pour cette raison, il a inventé le mot utopie, dérivé du grec, qu’on peut traduire de diverses façons : le pays de nulle part, le pays d’ailleurs, le pays du bonheur. Et donc, Thomas More réfléchit aux conditions du bonheur en collectivité, il imagine un pays dirigé par un gouvernement idéal, où chacun serait heureux. Imaginer un mieux pour les citoyens : ce devrait être la tâche de tous les (...)

=> Lire l’intégralité de ce grand entretien de 5 pages dans notre magazine.

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