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Prendre le temps


Littérature

Alain Damasio :
« Nous avons le devoir éthique de mobiliser des affects positifs, le désir, l’envie »

Bien que rare – il a écrit trois romans en vingt-cinq ans – Alain Damasio est l’un des écrivains de science-fiction français les plus reconnus. Militant, engagé, ses livres sont à la fois des cris d’alerte et des appels à la résistance. Il publie aujourd’hui Les Furtifs, où il nous entraîne à la découverte de ces êtres extraordinaires, dans un monde ultra libéral (les villes sont privatisées, découpées en secteurs accessibles en fonction des revenus), ultra connecté, ultra contrôlé.


Yohanne Lamoulère

Est-ce qu’un écrivain, particulièrement un écrivain de science-fiction, peut être un lanceur d’alerte ?
Bien sûr, c’est un rôle de base, fondamental, de la science-fiction. Pour les alertes, on a d’ailleurs l’embarras du choix : l’effondrement de la société thermo-industrielle, le nucléaire, l’extinction des espèces, l’accroissement du techno-cocon et ses effets sur nous… Mais j’essaie dans mon travail d’aller au-delà de l’aspect dystopique. Car pour moi l’écrivain ne doit pas seulement alerter, mais aussi proposer des horizons désirables.

Quelle est l’alerte que vous avez envie de lancer dans votre nouveau roman, Les Furtifs ?
Ce qui me touche, c’est le techno-capitalisme, ce couplage entre la société de contrôle et le capitalisme cognitif, fondé sur l’économie de l’attention, la sollicitation numérique permanente de chaque individu. Quand j’étais jeune, il y a trente ans, je concevais l’ennemi comme une sorte de collusion entre l’Etat, les multinationales et les médias. J’avais une vision tout à fait classique et pyramidale du pouvoir. Et puis j’ai rencontré la réflexion de Gilles Deleuze sur la société de contrôle et j’ai compris qu’il y avait une mutation du régime de pouvoir, que nous n’étions plus dans des systèmes hiérarchisés, verticaux, mais bien plus dans des ordres horizontaux, relayés par tous, démocratisés, mais extrêmement sournois et insidieux. Et où ce contrôle est relayé par tout le monde.
Nous sommes dans un cocon numérique, un cocon assuré par le smartphone, par cet immense tissage d’objets connectés mis en place à partir de capteurs, de senseurs… La technologie vient outiller nos paresses, conjurer nos peurs et nos incertitudes : on filtre nos réseaux d’amis, nos communautés, on se protège par des détecteurs, toute une domotique. Dans mon bouquin je fais un jeu de mots à la con mais que finalement j’aime beaucoup : c’est le « self-serf-vice », l’auto-servage.
On s’auto-aliène. Ce sont des pratiques de dévitalisation. C’est inquiétant. La vitalité, c’est se confronter à l’altérité, au dehors, qu’il soit physique ou relationnel.
Au cœur de cette Big Mother, nous sommes moins vivants, moins intenses. Nous vivons dans une espèce de fausse douceur. Avec des effets écologiques catastrophiques.
Le problème central demeure le capitalisme et le rapport à l’accumulation qu’il a mis en place. Si on ne parvient pas à attaquer le cœur de ce techno-capitalisme, on se cantonne dans des imprécations un peu para-religieuses, à base d’apocalypse… En ce sens, la collapsologie me paraît être (...)

=> Lire l’intégralité de cet entretien dans notre magazine.

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