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Prendre le temps


Publié dans notre magazine n°134 - juillet & août 2019

Grand entretien

Emilie Hache :
« On assiste à l’émergence d’un nouveau récit
plaçant le monde vivant au centre »

D.R.

Adepte d’une pensée complexe et indisciplinée, la philosophe française Emile Hache explore, défriche et sème des idées et des imaginaires nouveaux à contre-courant du « temps fou du capitalisme ». En lutte contre l’exceptionnalisme et contre toutes les formes de domination de l’homme, ici et aux quatre coins de la planète, cette sentinelle des mutations écologiques se réjouit de voir peu à peu des « verrous sauter » et l’éclosion d’un nouveau récit évoquant « l’humain et le non humain sans différenciation hiérarchique ». Dialogue avec une penseuse profondément terrestre qui accorde autant d’exigence et d’attention à l’égard de la raison que des émotions.

Vous travaillez depuis des années sur l’écologie politique, l’écoféminisme, la philosophie pragmatique. Vous faites partie de ces intellectuelles qui défendent une pensée complexe, transversale et pratique. N’est-ce pas un peu décourageant de vivre dans cette époque de l’immédiateté, du manichéisme et de la vitesse à tout prix ? Comment résistez-vous en tant que penseuse ?
Ce qui me vient à l’esprit quand je pense à notre époque, c’est effectivement à cet « accélérationnisme » comme expérience propre de la modernité qui envahit tout, nos corps comme nos pensées. Cette accélération me semble toucher autant nos vies propres que la vie intellectuelle et notre capacité de penser, en raison du flux d’informations, de parutions d’articles, de livres, que l’on n’est plus en capacité d’absorber. De toute évidence, il nous faut inventer des espaces de repos, des modes de vie alternatifs, pour ne pas se laisser écraser par ce temps fou du capitalisme, cette intrusion de l’intime, cette saturation du temps de la vie et du temps de la pensée.

Lors d’un récent colloque, vous invitiez l’assemblée à « sortir des vieilles idées et des vieux concepts » en mettant en garde contre l’ennui et le sentiment « d’étouffement » qui nous guette. Et en même temps, vous vous réjouissez de l’ébullition scientifique en cours.
En effet. Il y a dix ans, on pouvait avoir le sentiment que les problèmes et enjeux soulevés par l’écologie n’intéressaient à peu près personne en philosophie, à commencer par les universités. Mais aujourd’hui, la donne a complètement changé et c’est infiniment réjouissant.
Il y a une multiplication de propositions, de pensées qui sont en train d’éclore dans le domaine des sciences humaines, de l’écologie, de l’anthropologie... Certains blocages ou interdits qui entouraient certaines disciplines sautent peu à peu. Cette mutation écologique réinterroge toute notre (...)

=> Lire l’intégralité de ce grand entretien dans notre magazine.

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