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Publié dans notre magazine n°135 - septembre & octobre 2019

Des images, des histoires

Des forêts de pommiers sauvages du Kazakhstan aux pommes de terre des Hautes Andes. Du jardin botanique de Padoue au Parc de la Pena à Sintra. D’un jardin suspendu de Brooklyn à celui des Miracles de Dubaï. Des incroyables cultures de l’Institut Davilov aux laboratoires d’universités suisses. Du cimetière de Koyasan en passant par de multiples jardins ouvriers, dont l’utopique Garrell en Espagne. C’est à une promenade longue et sinueuse, touffue et pleine de surprises, que nous convie l’explorateurphotographe « en zigzag » Mario Del Curto, à la découverte des liens infinis que nous entretenons avec les plantes.

« Je me demande ce que nous prenons à la terre et ce que nous lui redonnons…
Quand je visite par exemple l’institut Vavilov à Saint-Pétersbourg, je me rends compte de la richesse extraordinaire de cette planète : il y a 50 000 variétés de blés dans leurs réserves, 500 de cassis,
4 500 de pommes de terre… C’est un cadeau de découvrir cette abondance. Mais 80 % des variétés qu’ils conservent n’existent plus nulle part ailleurs ! Quand on regarde tout ce fantastique potentiel de nature, de végétal, et que l’on voit par ailleurs le peu de mesures de protection et de conservation qui sont prises, on comprend combien nous sommes dans une fuite en avant presque suicidaire.
J’ai appris ainsi à l’Institut Vavilov qu’il y a des lieux d’origine des plantes, que par exemple les pommes n’ont pas toujours existé en Europe, que tout fait partie d’une évolution hyper-complexe. Il a fallu des centaines de millions d’années pour arriver à ces pommes… Cette lenteur de la perfection du végétal et de son évolution a été pour moi une découverte, et j’aimerais faire réfléchir à l’accélération des effets de l’humain sur son environnement, qui est extrêmement rapide… Au fil de mon travail, je me suis intéressé aussi à l’agronomie, à des questions basiques comme pourquoi et comment il y a de la terre sur la Terre. Ce sont des phénomènes fondamentaux, qui génèrent la vie sur la planète.
Cet équilibre fantastique de la biologie des sols est à la fois extraordinaire de complexité et très fragile. Une modification de cette biologie peut être catastrophique : on va empêcher la vie de pouvoir se régénérer.
Nous sommes dans une période d’aventurisme. Nous sommes une humanité de plus en plus hors-sol, qui n’est plus enracinée. Se poser cette question de comment il y a de la terre sur la Terre, ça change notre rapport au monde et au vivant. J’espère que c’est une chose qui passe à travers mes photos.
Nous sommes à un moment charnière du point de vue écologique et civilisationnel. Nous ne pouvons plus organiser le monde en fonction de l’humain, en le mettant toujours au centre. C’est le vivant qu’il faut mettre au centre du monde pour nous permettre de prendre les bonnes décisions. »

Propos recueillis par L.d.H.
Photos : Mario Del Curto

En savoir + :
- Humanité végétale, Mario Del Curto, Actes Sud, 2019, 480 p.
- L’exposition « Jardins déployés » est présentée aux Rencontres de la photographie à Arles jusqu’au 22 septembre. Elle sera également visible du 27 mars au 1er juin 2020 au Lieu Unique à Nantes.

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