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Prendre le temps


Publié dans notre magazine n°135 - septembre & octobre 2019

Grand entretien

Geneviève Azam :
« La Terre est sauvage,
ingérable, ingouvernable »

Dans sa Lettre à la Terre. Et la Terre répond sortie début septembre au Seuil, l’économiste et altermondialiste Geneviève Azam nous lance une formidable invitation pour redevenir « terrestre ». A travers une correspondance nourrie par une pensée sensible et complexe, l’intellectuelle toulousaine propose de faire « alliance » avec la Terre « inspiratrice et rebelle » en s’appuyant sur les « extraordinaires communautés qui surgissent du désastre ».

D’où vous est venue cette idée étrange d’adresser une lettre à la Terre ?
Je ne voulais pas rédiger un nouvel essai en alignant une série de données scientifiques et de chiffres autour du désastre. Ceux-ci sont connus, relayés et répétés, et cela ne suffit d’évidence pas à nous réveiller. Désormais, on sait que la vie sur Terre est concrètement menacée. Ce n’est plus une interrogation métaphysique, mais bien une urgence physique. Et pourtant, on ne sent pas ce sursaut éthique et politique nécessaire pour faire face aux effondrements en cours ou à venir.
A travers ce pseudo échange épistolaire, j’ai voulu m’adresser directement à la Terre, vivre une expérience concrète et organique, renouer avec cet univers sensible que nous avons perdu collectivement qui est aujourd’hui saturé d’informations, et d’algorithmes. Je voulais aller au-delà de la raison calculatrice et redevenir terrestre, en étant du côté de la Terre mère, de la Terre-mémoire, mais aussi de la diversité et la sensibilité, en réaffirmant mon attachement aux humains et à la nature, notre capacité collective à défendre ce que l’on aime.

Vous en profitez pour évoquer vos propres errements dans un monde « hors sol ». Pourquoi ?
Dans mon combat écologique, j’ai longtemps raisonné de manière abstraite, en pensant l’émancipation des individus de manière extérieure à la Terre. Je parlais de la Terre, mais je ne parlais pas à la Terre, à la communauté des vivants. Contrairement à ce qu’on nous a longtemps fait croire, les humains ne sont pas seuls et omniscients.
En commençant cette correspondance, j’ai d’ailleurs hésité entre le tutoiement et le vouvoiement, en optant finalement pour le « tu » plus familier.
J’en ai aussi profité pour me réinterroger sur mon parcours de militante. En tant que féministe, j’ai longtemps pensé l’émancipation des femmes comme un arrachement et non pas comme un attachement. Ma rencontre avec l’écoféminisme a été déterminante et m’a permis d’évoluer dans ma pensée.
Ce fut également le cas avec mon combat contre le nucléaire civil et militaire. Comme beaucoup de militants de ma génération, je l’ai abordé de manière relativement théorique, en produisant rapports contre rapports pour faire émerger une vérité scientifique qui prouve que cette voie est sans issue. Jusqu’à Tchernobyl, j’en faisais une question relativement extérieure et désincarnée. Je ne mesurais pas intimement combien le tissu de la Terre était affecté par cette industrie destructrice et mortifère.
Au fil du temps, j’ai pris conscience de ce rapport sensible magnifiquement décrit par Virgina Woolf dans Les Vagues, à travers son personnage de Louis qui dit : « Mes racines s’enfoncent dans les profondeurs du monde, à travers l’argile sèche et la terre humide, à travers les veines de plomb, les veines d’argent. Mon corps n’est plus que (...)

=> Lire l’intégralité de ce grand entretien dans notre magazine.

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