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Publié dans notre magazine n°135 - septembre & octobre 2019

Migrations

Cette lettre est extraite du recueil Moria, chronique des limbes de l’Europe, (180° éditions) écrit par l’avocate Marie Doutrepont suite à son séjour dans le camp de Moria, sur lîle de Lesbos, en Grèce.

Quatrième lettre, 12 mai 2017

Chers vous tous,
Un nouveau bateau est arrivé aujourd’hui, avec quatre-vingts personnes à son bord. Ça a été un peu le branle-bas de combat dans le camp. Quand je suis arrivée à Moria vers quatorze heures (j’étais du afternoon shift), ma collègue Edna nous a demandé de venir, moi et mon français, la rejoindre à la section « enregistrement  » – quelques dizaines de mètres carrés de barbelés. Une des modifications de la procédure dont je vous parlais l’autre jour consiste à réduire considérablement le délai durant lequel des demandes de regroupement familial avec des membres de famille en Europe (les « cas Dublin ») peuvent être effectuées. Or, un de nos objectifs étant de sortir les gens du camp le plus vite possible, nous voulions repérer au plus vite des « Dublin » potentiels, pour essayer de pouvoir boucler des dossiers endéans les quelques jours qui nous sont à présent octroyés.
Quatre-vingts personnes étaient donc là, échouées, tout juste recrachées de ce côté-ci de la Méditerranée. Je ne savais pas si je devais leur dire « bienvenue » ou « désolée », les deux me semblaient également déplacés. De voir, de toucher ces survivants de je ne sais quel enfer, ces hommes et ces femmes aux yeux hagards qu’on a trop vus à la télé, je me suis sentie soudain minuscule et tellement impuissante.
J’essaie de parler à certains d’entre eux – mais comment faire ? « Bonjour, bienvenue en Europe, alors voilà, je suis avocate, vous allez être enfermés ici pendant trois jours, puis dans le camp pendant vingt-cinq jours, puis dans l’île un temps indéterminé. Dites-moi vite si vous avez de la famille en Europe, que je voie si je peux vous aider à sortir d’ici ? ». (...)

=> Lire l’intégralité de cette lettre dans notre magazine.


cc Tim Lüddemann
L’artiste chinois dissident Ai Weiwei a créé « Soleil Levant » une oeuvre contemporaine présentée à Copenhague en 2017. Celle-ci a été réalisée à partir de centaines de gilets de sauvetage utilisés par des migrants qui ont traversé la Méditerranée et récupérés notamment sur l’île de Lesbos, en Grèce.

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