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Prendre le temps


Publié dans notre magazine n°136 - novembre & décembre 2019

Grand entretien

Satish Kumar :
« Ne pas vivre emprisonné dans la peur et la colère »

Sur les traces de Ghandi, Satish Kumar marche depuis six décennies à travers le monde pour soutenir un autre modèle de vivre ensemble. Ancré dans le Devon, au sud-ouest de l’Angleterre, son Schumacher College rompt les digues du cartésianisme et du Brexit. Entre le soutien au lancement d’une antenne belge à Havelange, et une marche pour la paix et le climat avec Matthieu Ricard, l’écologiste promeut un activisme optimiste, « le seul à même de transformer le monde ».

« Patience, patience dans l’azur, chaque atome de silence est la promesse d’un fruit mûr… » Ces vers de Paul Valery caractérisent à leur manière la rencontre d’Imagine avec Satish Kumar.
L’attente, d’abord, d’un rendez-vous incertain jusqu’à la dernière heure en raison de son programme chargé en Belgique, ce week-end de septembre. La certitude, ensuite, que l’écologiste indien, le pédagogue, le militant et le poète allait nous emmener loin sur les chemins de la refondation du monde qu’il convoque de son regard pétillant. A 83 ans, autour d’une fine table, à Saint-Gilles, le sage distille un concentré de radicalité mâtiné d’une sagesse héritée de la tradition hindoue.

Vous êtes venu soutenir la naissance d’une antenne du Schumacher College en Belgique. Que représente pour vous le développement de ce modèle d’enseignement post-universitaire et post-productiviste qui relie la Terre, le corps et l’esprit ?
Le Schumacher fait des petits choux belges et c’est magnifique  ! Cette initiative portée par Sabine Denis et plusieurs alumni arrive à un tournant de l’histoire parce que la conscience de l’enjeu de la durabilité écologique et environnementale est très forte. Cette conscience a été renforcée ces derniers mois grâce au mouvement Extinction Rebellion, en Angleterre et au mouvement initié dans les écoles par Greta Thunberg. Gardons à l’esprit que derrière la question du changement climatique, c’est une nouvelle vision du monde, une nouvelle conscience de l’interdépendance qui doit nous engager vers le futur. Sans changer notre attitude envers la nature et notre style de vie occidental, la réponse technologique sera vaine. C’est pourquoi le lancement d’un Schumacher College en Belgique arrive à un point nommé. Si je soutiens cette initiative, celle-ci résulte principalement du dynamisme des acteurs qui la portent en toute autonomie, comme c’est le cas ailleurs dans le monde.

Dans votre dernier ouvrage, Pour une écologie spirituelle, vous dites qu’une grande partie du mouvement écologiste actuel est hanté par la crainte d’une catastrophe, de l’effondrement, qui fait l’objet d’une littérature abondante. Si l’éventualité de la fin du monde éveille les consciences, vous considérez qu’on ne peut pas bâtir un avenir durable sur la peur.
Oui, la colère et l’indignation contre le système capitaliste actuel se doublent d’une peur à travers des questions légitimes : que va-t-il se passer à l’avenir ? Qui va nourrir le monde ? Comment va-t-on s’occuper de nous ? Comment allons-nous survivre ?
J’aime le mouvement des grèves à l’école et j’aime le travail de Greta Thunberg. La seule chose que je veux lui dire, c’est : « Tu es jeune, tu as la lumière sur toi, mais tu ne peux pas rester emprisonnée dans cette peur et cette colère tenaces. Tu dois t’ouvrir à toi-même. Et avoir la conviction que nous pouvons changer le monde car beaucoup de grands changements ont eu lieu ces dernières décennies ». La fin de l’impérialisme britannique, le combat pour les droits civiques des minorités, la dignité des plus pauvres, l’abolition de l’apartheid, l’accession d’un non-blanc à la présidence des Etats-Unis ou la lutte contre la privatisation du vivant sont autant de jalons majeurs de (...)

=> Lire l’intégralité de ce grand entretien dans notre magazine.

Photo : Christophe Schoune

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