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Prendre le temps


Publié dans notre magazine n°137 - janvier-février 2020

Grand entretien

Malcom Ferdinand :
« On traite la Terre comme une esclave »

Dans son ouvrage passionnant Une écologie décoloniale. Penser l’écologie depuis le monde caribéen (Le Seuil), l’ingénieur et philosophe français propose de revoir la pensée environnementale à la lumière des dominations coloniales, patriarcales et esclavagistes de la modernité. Des esclaves embarqués dans « des usines à nègres  » aux luttes actuelles contre toutes les destructions de la Terre, ce jeune penseur propose de nous embarquer dans son « navire-monde ».

Comment passe-t-on d’ingénieur en environnement à la philosophie politique ?
J’ai toujours eu un intérêt pour les sciences humaines. Le vrai déclencheur, c’est mon expérience humanitaire au sud Darfour. Je suis parti de manière un peu naïve en pensant que si les gens là-bas n’avaient pas d’eau, c’est parce qu’ils n’avaient pas d’argent, d’outils, de qualification. Toutes ces assertions se sont révélées fausses. En réalité, le problème est avant tout politique : des forces en présence ne veulent pas que ces habitants aient accès à l’eau. Là, je me suis rendu compte que les outils avec lesquels je pensais le monde, du point de vue de l’ingénierie, étaient insuffisants pour aborder les problèmes environnementaux. J’ai compris qu’on n’allait pas faire face à la crise écologique uniquement avec des solutions techniques.

Qu’est-ce qui vous pousse ensuite à penser l’écologie depuis le monde caribéen ?
J’ai grandi en Martinique et j’ai en moi une forte sensibilité aux rapports de pouvoir hérités de la colonisation et de l’esclavage. Même si j’ai fait quinze ans d’études sans lire une seule ligne de ces immenses écrivains que sont Aimé Césaire, Frantz Fanon, Edouard Glissant, Maryse Condé… Cela vient surtout de mon enfance, de mon héritage familial. On ne s’appelle pas Malcom par hasard… Mes parents avaient une sensibilité politique qu’ils m’ont transmise. J’ai grandi avec un certain nombre de références culturelles, de figures, de canons de beauté, qui m’ont amené à m’interroger sur ces questions de domination.
Quant à l’écologie, elle était également en moi, mais de manière moins construite. Quand on habite sur une île, on vit avec les éléments naturels. Je passais souvent les vacances avec ma grande-tante et on allait pêcher des crabes. Au fur et à mesure, j’ai pu voir les effets d’une certaine (...)

=> Lire l’intégralité de ce grand entretien dans notre magazine.

Photo : Bénédicte Roscot

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