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Crépuscule atomique

L’industrie nucléaire est à un tournant historique. En perte de vitesse dans la plupart des pays développés, elle tente de se redéployer dans des pays où l’atome est quasi inconnu. A l’instar des cigarettiers, partis conquérir de nouveaux marchés dans les pays pauvres... Après avoir phagocyté les budgets de recherche nationaux et européens durant des décennies - ce qui a coupé les ailes aux énergies renouvelables -, le complexe électronucléaire voudrait donc opérer son « grand retour » au 21e siècle.

• Ce « grand retour » de l’atome civil...
• Des écolos pro-nucléaires ?
• Antoine Citoyen : Candide au pays de l’atome Lire (texte intégral)

CARTE A L’APPUI - Semeurs de radioactivité
• Sous-traitants irradiés : témoignages explosifs


Candide au pays de l’atome

Sous des airs de simplet de service, Antoine Citoyen interroge avec humour et pertinence nos sociétés hautement nucléarisées. Attention : ses tribulations atomiques, diffusées sur Internet, pourraient bien vous contaminer...

Alain de Halleux, bientôt 50 ans, 4 enfants, est inquiet. La question de la sécurité nucléaire a fait irruption dans sa vie l’an passé. Lors de la commémoration des 20 ans de Tchernobyl, d’abord. Puis en juillet dernier, quand le cœur d’un des réacteurs de la centrale de Forsmark, en Suède, est passé à 7 minutes de la fusion. Dans une indifférence médiatique quasi générale. Ebranlé par ces événements, ce licencié en chimie de l’UCL, vite devenu réalisateur, crée alors Antoine Citoyen, un personnage de fiction qu’il propulse au cœur de la réalité nucléaire belge. Pour mieux la cerner. Et informer. Car une question obsède Alain de Halleux et son double fictionnel, efficacement joué par son excellent complice Michel Angely : sommes- nous prêts en cas d’accident nucléaire à Tihange ou à Doel ?

Antoine entame alors un authentique périple de « journaliste citoyen » pour tenter de le savoir et poser, comme un enfant, bien d’autres (im)pertinentes questions sur l’atome. Les pharmacies belges ont-elles assez d’iodure de potassium pour protéger du cancer de la thyroïde les populations survolées par un éventuel nuage radioactif ? Est-il possible d’assurer sa maison contre un accident nucléaire ? Les politiques connaissent-ils les conditions de travail déplorables des ouvriers chargés de la maintenance des centrales ? Et en cas d’accident nucléaire, qui ira « reboucher le trou » ?

« A Tchernobyl, de 600.000 à 800.000 personnes ont été enrôlées de force par le pouvoir de l’ex-Union soviétique pour faire le ménage autour du réacteur », rappelle Alain de Halleux. « Mais dans une démocratie libérale comme la nôtre, qui accepterait de courir ce risque ? », s’interroge Antoine. Bref, où se cachent les pro-nucléaires qui ont le courage d’être liquidateurs volontaires ? Alain et Antoine les traquent dans la rue, dans les parcs publics, à la mer... Sans grand succès. Au cours de ses pérégrinations, Antoine croisera également des pompiers en colère, un sénateur médusé, un commissaire européen qui l’est tout autant, l’ex-patron de Suez en goguette chez Ecolo, des environnementalistes, des syndicalistes... Loin de l’apaiser, leurs paroles aiguiseront ses craintes.

Résultat : une première « saison » de 20 épisodes de 3 à 8 minutes diffusés au compte-gouttes sur Internet depuis janvier (sur AntoineCitoyen.eu et Google Video). « Je n’ai pas l’espoir que le travail d’Antoine change quoi que ce soit, lâche Alain de Halleux, qui déplore l’absence d’un vrai débat de société sur le nucléaire. Mais le fait de travailler avec lui m’autorise à regarder mes enfants droit dans les yeux le matin. »

Parallèlement à cette « thérapie fictionnelle » réalisée - pour l’instant - sur fonds propres, le réalisateur prépare un documentaire d’investigation sur les sous-traitants du nucléaire en France, Belgique, Angleterre, Suède...

David Leloup

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