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Le phénomène des festivals de l’été

Du théâtre de rue, du rock ou un peu de classique ? De la musique du monde plutôt ? Vous avez le choix : chaque week-end de l’été connaît trois ou quatre festivals, dans une ville ou dans un pré à vaches. Mais qu’est-ce qui fait donc courir les festivaliers ?

Le mouvement est général. Partout en Europe, des festivals - qu’ils soient de musique populaire ou classique, de théâtre, de spectacles de rue ou un peu tout cela à la fois - fleurissent et accueillent un public toujours plus nombreux. Certains sont d’un niveau international, d’autres ne s’adressent qu’aux gens du coin, mais qu’importe, les principes sont les mêmes : réunir en un même lieu, sur un temps assez bref, annuellement, un grand nombre d’artistes et de spectateurs, dans un esprit festif.

Au coude à coude

« L’émergence de ce mouvement correspond à une transformation radicale de notre société, explique Olivier Servais, sociologue, professeur à l’UCL. Nous passons en effet à un autre rapport au temps. Auparavant, le religieux nous donnait un rythme régulier, hebdomadaire, sur lequel se sont basés le temps de travail ou le temps de l’école, et donc le temps des loisirs. Or aujourd’hui, ce rythme est remis en cause avec la flexibilité du travail, l’ouverture des magasins le dimanche, etc. L’individu veut se réapproprier son rythme. » Et si l’on perd en régularité, on veut alors gagner en émotion, en intensité, concentrer à des moments privilégiés des expériences très fortes, du « vécu ». « Le festival répond tout à fait à cela, poursuit le sociologue. On y vit un évènement unique, intense, où la foule renforce encore l’émotion. Le festival est un lieu de resocialisation très fort, mais sans la contrainte de la régularité. En plus, le spectateur y est libre de passer d’une scène à l’autre, d’aller et venir, ce qui correspond bien au libéralisme individuel, à la logique de l’offre dans lesquels nous baignons actuellement. On rentabilise son temps au maximum. » Remarquons d’ailleurs que cette formule du festival s’étend par delà le domaine culturel : le Forum social mondial ou les rencontres écologiques d’été participent du même phénomène.

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