Relancer Imagine en toute autonomie était un vrai pari. Après quelques mois, la phase de redémarrage est à présent achevée. Avec environ 8.000 ventes par numéro, et quatre à cinq lecteurs par exemplaire, le magazine a atteint une audience de 30 à 40.000 personnes.
Avec votre soutien, ce projet pourra continuer à se développer.
Un projet de presse alternatif peut donc trouver une voie en communauté
Wallonie-Bruxelles. Reste à encore améliorer le magazine,
à gagner de nouveaux lecteurs (et fidéliser les anciens, car l’avenir
se joue aussi dans le renouvellement des abonnements !), à trouver plus
d’annonceurs, et à continuer de s’ouvrir à de nouveaux partenaires.
Innover et créer
La Belgique francophone est un espace difficile pour la presse. Le marché
potentiel est particulièrement étroit : quatre bons millions de personnes,
ce qui correspond en fait à une région de France. Il est donc logique
que les grands titres d’outre-Quiévrain, qui disposent de moyens bien
supérieurs aux nôtres, traversent allègrement la frontière. Ce que font
également les télés francophones, venant ainsi renforcer la pression déjà
exercée sur la presse écrite par les chaînes belges de télévision.
Depuis quelques années, la place prise par internet contribue elle aussi,
particulièrement chez les jeunes, à distraire un large public de la presse
écrite. Et puis, phénomène plus profond encore : la maigre éducation à
la lecture de la presse, dans les familles et dans les écoles, ne contribue
pas à semer des graines de dévoreurs de journaux.
Il est évident que les causes de cette situation difficile ne sont pas uniquement
externes. Les professionnels de la presse doivent, eux aussi, « interroger
leur miroir ». Et faire l’effort d’innover et de créer.
Chercher du sens
Un phénomène sournois de « malinformation » a récemment fait son
apparition dans la population [1]. Il résulte de l’ingestion trop rapide
d’informations brutes, fragmentées et/ou manipulées, non remises
dans leur contexte, illustrées d’images chocs de faits divers sanglants,
d’attentats et de violence armée. Les moments de crise se succédant,
le tournis s’accélère. Et engendre un compréhensible rejet de la part
de certains citoyens. La « malinformation » est bien sûr dangereuse pour
le fonctionnement de la démocratie
elle-même. Car elle écarte ou distrait
nombre d’hommes et de femmes de la
chose publique.
Le projet rédactionnel d’Imagine
navigue résolument à contre-courant de
ce flux. Il a notamment pour ambition
de « mettre en avant les liens, les articulations,
les interdépendances qui relient les faits,
alors que l’approche traditionnelle sépare,
divise, « sectorialise » les éléments à analyser.
Fuyant l’ennui et la banalité, Imagine veut
aussi développer une manière pédagogique et
ludique de traiter l’information [2]. »
Projet ambitieux ? Peut-être, mais
l’on rencontre tant de morosité
aujourd’hui ! Un magazine offrant
une vision prospective, redonnant du
souffle et engendrant de l’enthousiasme
plutôt que du défaitisme cynique, est
certainement nécessaire. D’où cette
idée de favoriser et de valoriser, au
travers du magazine, l’émergence de
réseaux porteurs de changement.
Site internet,
pub associative et culturelle
Au tournant de l’année dernière, grâce à
l’aide d’amis tombés du ciel et sensibles
à notre appel, un site internet a été lancé
en un très court délai. Ce coup de pouce
bénévole a contribué au sauvetage du magazine.
L’équipe vient de décider d’activer
ce site et d’en faire un des instruments du
développement d’Imagine. Progressivement,
les sommaires du magazine papier
y seront mis en ligne, certains articles ainsi
que des fiches d’écoconsommation y seront
publiés. Dès ce mois de juin, un espace de
parole sera ouvert aux lecteurs. Du courrier,
ainsi que des points de vue sur l’actualité
peuvent nous être envoyés pour être mis en
ligne. L’adresse : www.imagine-magazine.
com.
Afin d’assurer sa survie financière, tout en
préservant la cohérence avec le projet rédactionnel,
Imagine s’ouvre aussi, tant sur le
site internet que dans le magazine papier,
à de la publicité commerciale, culturelle et
associative. Des annonces de spectacles, formations,
cours, stages, services et produits...
en accord avec la philosophie du magazine,
sont évidemment les bienvenues [3].
A l’heure où la guerre et le terrorisme tendent
à s’installer comme prétendu mode de règlement
des conflits, à l’heure de la tentative de
criminalisation de mouvements sociaux, à
l’heure de la crise écologique planétaire, à
l’heure où les grands groupes de presse uniformisent
le paysage de l’information, faire
tenir la route à un magazine autonome reste
évidemment un défi. Aujourd’hui, tout ou
presque est en place pour qu’Imagine puisse
tracer son chemin. Pourvu que suffisamment
de lecteurs le désirent. Comme magazine-
réseau. Comme source d’information
alternative aux logiques de guerre, aux replis
sociaux et au seul règne du marché. Avec
votre soutien, ce projet pourra continuer à
se développer.
André Ruwet
[1] Lire à ce propos l’article pp. 42-43.
[2] Extrait de notre charte rédactionnelle.
[3] Différents formats sont proposés à des prix
plus abordables pour les annonceurs
de taille petite ou moyenne. Vous pouvez
consulter le tarif publicitaire sur le site
du magazine. Ou vous adresser au service
Abonnements pour demander qu’on vous
l’envoie par courriel ou par courrier.
Des ristournes sont accordées aux secteurs
culturel et associatif.
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