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L’écotourisme

Cette autre façon de voyager

Un autre tourisme est en train de naître, qui a pour ambition de respecter les écosystèmes et les populations locales. En distinguant bien le véritable écotourisme du marketing vert. Car si l’écotourisme signifie une autre façon de voyager, il implique aussi un autre état d’esprit.

Aujourd’hui, la notion de distance, qui était auparavant une limite, a été remplacée par celle du temps. Si deux personnes, l’une à Bastogne, l’autre à Barcelone, doivent se rencontrer dans la journée, elles fixeront leur rendez-vous à Bruxelles. Pourtant, pour l’une, Bruxelles est à 200 km, pour l’autre, à plus de 1.500.

Et alors ? Cet exemple prouve que la distance n’est plus une limite, que l’homme l’a désormais maîtrisée. Quel homme ? Un certain homme occidental, celui qu’on appelle « mobile » parce qu’il est enfin libéré de la contrainte géographique. Cette idée selon laquelle la mobilité sans limite constitue un facteur de libération est un fondement de l’anthropologie libérale. « Libérez-vous et jouissez sans limites ! », clamait Mandeville au peuple de Londres en 1800. Ce principe libéral sera repris par de nombreux économistes, dont Friedrich Hayek et Adam Smith, des précurseurs de l’économie néolibérale. Hayek disait que c’est en jouissant de ses pulsions que s’ajustera la société, grâce à la... main invisible d’Adam Smith [1]. Se libérer de la contrainte de la distance et voyager sans limite seraient donc à l’avantage du bien commun ! Et pourtant, depuis toujours, certains récusent cette façon de voir les choses... Selon Freud, on ne peut se libérer de ses pulsions que si elles ne vont pas à l’encontre de la cohésion du groupe social.

L’ère de la décroissance et de « l’effet débond »

Ce qui est certain, c’est que si le monde entier imitait les 870 millions de touristes actuels en agissant selon ses pulsions, la Terre étoufferait ! Et si la croissance du secteur du tourisme continue au même rythme (on attend 1,6 milliard de touristes en 2010) les émissions en CO2 imputables au tourisme international tripleront d’ici 2035. Pourquoi ? Parce que les pulsions des hommes sont incontrôlables ! C’est ce qu’a voulu montrer Mathias Binswanger, économiste suisse : « Dès qu’il est possible de voyager plus vite, l’homme qui peut se le permettre voyagera plus souvent et sur des distances plus importantes.  » C’est « l’effet rebond » inventé par les économistes et qui est générateur de croissance quantitative. Mais aujourd’hui, de plus en plus de personnes entrent dans l’ère de la décroissance ou de « l’effet débond ».

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[1La théorie de la « main invisible » d’Adam Smith décrit la capacité du marché à coordonner les intérêts des agents économiques.

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