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La souffrance au travail

Stress and the city - dossier

Il est loin, le temps du travail de papa. Les horaires fixes, les primes à l’ancienneté et la fidélité à l’entreprise ne sont plus vraiment dans l’air du temps. Une nouvelle organisation du travail s’est mise en place. Au point d’en déstabiliser plus d’un.

Les choses ont changé. Même si le travailleur vit mieux, il est sans doute plus précarisé qu’avant. Christine travaille dans une société américaine de consultance. Elle témoigne : « Je suis entrée dans ma boîte il y a deux ans et 85% de mes collègues ont été engagés après moi. » C’est le règne de l’intérim, du contrat à durée déterminée et de la mobilité du travailleur. En trois ans, le travail intérimaire a augmenté de 260% et a un taux de pénétration mensuel dans la sphère du travail fixe de près de 2,5%. Aline est spécialisée dans le recrutement des ouvriers, elle affirme que de plus en plus d’employeurs transforment la période d’essai en contrat intérim, de façon à se débarrasser de la gestion des contrats temporaires et à pouvoir congédier le travailleur sans indemnités. Pour les plus formés et pour certains jeunes, cette exigence de mobilité ne pose pas de problème, car ils savent que le fait d’avoir plusieurs expériences peut jouer en leur faveur. Pour les ouvriers moins qualifiés et les travailleurs d’origine étrangère qui n’ont pas le choix, c’est une source continuelle de stress. Quand on a une famille à sa charge, on ne peut pas se contenter de la nourrir par des contrats intérimaires.

Le stress est continu, parce que la compétition un ouvrier et un employé d’une boîte américaine de consultance. La performance prime partout. D’où certaines conséquences sur le plan personnel : « Je regarde mes courriels la nuit et je n’éteins jamais mon GSM », raconte Christine. Et tous sont unanimes : « On n’est pas censés compter nos heures. »

De nos jours, les employeurs n’engagent pas seulement les travailleurs sur la base de leur savoir-faire. Le savoir-être ou l’attitude prend une importance croissante. A force de trainings, tests psy et évaluations, l’entreprise tente de façonner un employé modèle qui représentera et défendra les valeurs de l’entreprise. Ces rendez-vous permettent parfois de débusquer les esprits un peu trop contestataires et d’écarter les employés trop syndiqués au goût de certains employeurs. Il s’agit de créer le personnel dont a besoin l’entreprise, il faut adapter le capital humain de sorte qu’il devienne l’ambassadeur de l’entreprise : « J’ai régulièrement des trainings sur les codes de la boîte. Ils m’apprennent comment me comporter  », continue Christine. Et, pour Elisabeth, « les employeurs apprécient d’engager des jeunes travailleurs qui n’ont pas d’autre expérience, car ça leur permet de mieux les coacher, de mieux les former à leur guise ».

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