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Ecomédecines

Voir la face cachée de la maladie

Développement durable, écologie, ces termes font aujourd’hui partie de notre quotidien. Et de nos préoccupations : ampoules basse consommation, panneaux solaires, vacances écologiques, produits d’entretien non polluants… nombre de nos gestes se veulent plus verts. Pourtant, du côté de la médecine, ce souci semble encore bien éloigné des cabinets, des hôpitaux ou des firmes pharmaceutiques. N’est-il pas temps de repenser notre façon de nous (faire) soigner, d’encourager une écologie de l’intérieur comme de l’extérieur ?

« La médecine allopathique d’aujourd’hui s’est construite à la fin du 19e siècle, explique le docteur Pierre Cornillot, ancien président de l’université de Paris XIII, doyen honoraire de la faculté de médecine de Bobigny et président de la Fédération médicale française des médecines naturelles. Marquée par son hostilité envers les pratiques antérieures, elle est foncièrement centrée sur les désordres patents de l’organisme et se limite à travailler sur ce qui est observable. » L’époque est alors aux maladies infectieuses, et le médecin en traite les symptômes.

Tout au long du 20ème siècle, grâce aux progrès (bien réels) de la médecine et aux modifications parfois radicales des modes de vie, le paysage pathologique a fortement changé. « Ainsi la tuberculose, fléau du siècle passé, a pratiquement disparu. La médecine officielle s’est d’ailleurs présentée comme vainqueur de cette maladie avec le vaccin BCG. Mais l’amélioration de l’hygiène collective, des conditions de travail, de l’alimentation, l’enrichissement de la population… sont des facteurs majeurs de cette évolution positive. »

En revanche, de nouvelles maladies sont apparues, telles le cancer ou le sida, dont la caractéristique est un développement « à bas bruit », une latence qui peut durer des années. « Certains cancers ne se révèlent que 10 à 15 ans après leur véritable début, poursuit le doyen honoraire de Bobigny. Ce ne sont en fait que les complications finales qui rendent la maladie visible. Les affections les plus dangereuses sont souvent celles qu’on ne voit pas. Or la médecine allopathique n’a pas encore réussi à repenser son approche pour s’adapter à cette réalité nouvelle. » Elle n’apporte donc qu’une réponse parfois bien tardive et uniquement symptomatique.

La maladie, une industrie

La maladie, dans le système actuel, est en réalité ce qui rapporte : c’est évidemment grâce à elle que les industries pharmaceutiques peuvent vendre leurs médicaments. « Les dépenses de santé correspondent chez nous à 10% du PIB, observe Christian Léonard, économiste, professeur de politique de la santé à l’Institut Cardijn. C’est énorme ! L’industrie du médicament est intégrée au modèle capitaliste, à une société de consommation où l’on doit créer des besoins, où la concurrence règne. » Mise sur le marché de médicaments à l’efficacité discutable, médicalisation de troubles du comportement [1] : les dérives sont nombreuses. La médecine est également le reflet d’un univers où tout le monde doit être jeune, beau et performant, quitte, pour cela, à avoir recours à des adjuvants chimiques.

« Nous allons vers toujours plus de technique, et une technique de plus en plus invasive, affirme Paul Lannoye, physicien, député européen honoraire et administrateur du Grappe (Groupe de réflexion et d’action pour une politique écologique). Il faut sortir du “plus c’est agressif, plus c’est efficace”. Car si elles sont de plus en plus efficaces, certaines armes sont aussi de plus en plus dangereuses. » Ajoutons enfin à cela, avec le naturopathe Daniel Kieffer, « effets secondaires, maladies nosocomiales, trou de la sécurité sociale, un médecin sur trois en dépression dans les deux ans qui suivent son installation » : cela fait suffisamment de raisons de penser qu’il est temps de corriger notre système de santé. Et de promouvoir le principe de la médecine intégrée, en alliant nos différents savoirs.

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[1On pense ici notamment aux antidépresseurs ou à l’hyperactivité des enfants. Voir « L’empire du médicament, la résistance s’organise ! », Santé conjuguée, n° 44, avril 2008. Santé conjuguée est la revue publiée par la Fédération des maisons médicales.

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