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A l’école du développement durable

De l’espoir pour l’avenir - dossier

Creuser une mare pédagogique en maternelle ou élaborer un prototype d’éolienne au cours d’électricité, cela participe d’un même processus : l’éducation au développement durable. Les écoles s’investissent de plus en plus dans ce domaine, mais de manières diverses. On en trouve à la pointe dans tous les réseaux, dans les villes comme dans les villages, dans le primaire comme dans le secondaire. Plongée dans les pratiques qui préparent les enfants à gérer les ressources de la planète.

Avoir Faulx-les-Tombes (Gesves) sous le soleil d’automne, avec ses vastes étendues de pâturages, de vergers ou de forêts encore bien vertes, on se dit que l’école communale de l’Envol était prédestinée à devenir un fleuron de l’éducation au développement durable. Une ribambelle d’enfants rentrent justement d’une balade en pleine nature. A l’entrée de l’établissement, les range-vélos, protégés de la pluie par un auvent, sont bien occupés.

De quoi a-t-on besoin pour vivre ?

« Je viens et je repars tous les jours à vélo », explique Océane, neuf ans, qui sait très bien pourquoi elle fait cet effort. « Ça pollue moins et cela me donne une bonne bouffée d’air frais avant de commencer la journée. J’ai pu convaincre ma grand-mère de prendre le vélo, elle aussi, quand elle va faire ses courses. Mon grand frère va dans une école éloignée du village, alors il fait du covoiturage. »

De l’autre côté des clôtures, la leçon d’écologie se poursuit. Elle est partout. Dans les nichoirs à oiseaux. Sur le tas de compost, que les enfants alimentent eux-mêmes, chacun à son tour, avec les déchets organiques du réfectoire et de la cantine. Ou encore dans la vase de la mare didactique, dont les roseaux s’élèvent plus haut que le plus grand des 350 élèves de l’école.

Pour rejoindre leur classe, ceux-ci retiennent leur respiration dans la cage d’escalier. Et pour cause : ils ont peint toutes les créatures marines imaginables sur les murs, de sorte qu’on se croirait au fond de l’océan. Sur un mur également, juste avant d’entrer dans le hall Charles Darwin, un Poème pour la Terre : « (…) Terre mauve, elle veut qu’on la sauve. Terre indigo, elle veut qu’on roule à vélo. »

En classe, juste sous la charpente du toit, les enfants de 3e, 4e, 5e et 6e primaires de l’institutrice Michelle Visart se creusent les méninges autour d’une question : de quoi a-t-on besoin pour vivre ? Les mots fusent : boire, argent, respirer, nature, rire, amour… Ensuite, un groupe s’interroge sur ce qu’il fallait pour vivre en 1950, un autre se pose la même question pour 2050. « Est-ce que vos petits-enfants auront le droit de consommer ? », demande la maîtresse, qui reçoit un « oui » franc et unanime. « Que peut-on faire pour qu’ils aient tout ce dont ils auront besoin ? »

« On peut faire un potager comme nos grands-parents », dit l’une. « Il ne faut pas gaspiller », ajoute un autre. « Utiliser l’auto seulement quand on en a vraiment besoin », lance un troisième. Les anciens de la classe ne tarissent pas d’idées : utiliser l’eau de pluie pour la chasse d’eau, prendre le bus… Seuls les nouveaux semblent en retrait. « J’aimerais changer des choses », confie Robin, dix ans, qui découvre une nouvelle classe. « J’aimerais bien venir à vélo le matin. Ce que j’aime dans cette classe, c’est qu’on travaille en groupe, pas toujours sur des feuilles et en silence. » Effectivement, Michelle Visart ne dirige pas une classe comme les autres, puisqu’elle développe une pédagogie dite du projet. « Mais on peut éduquer au développement durable en dehors d’une classe à projets, de façon tout à fait traditionnelle !, insiste l’institutrice. J’ai des collègues qui le font. » « Par exemple, lorsque nous travaillons sur un texte, nous choisissons plutôt un texte à caractère écologique, explique Raphaël Beaujean, instituteur en 5e et 6e primaires. Tout le monde intègre bien le caractère environnemental du projet d’établissement, même s’il y a des classes plus actives que d’autres, des classes relais qui dynamisent, comme celle de Michelle. »

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