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Les maisons médicales

La santé pour tous en ligne de mire

Nées au lendemain de Mai 68, les maisons médicales sont un lieu de santé, mais aussi d’humanité.

Au 215, rue de la Baume, à Seraing, les ouvriers du bâtiment s’activent depuis plusieurs mois : on pousse les murs à la maison médicale Bautista Van Schouwen (BVS) – du nom d’un médecin chilien assassiné par la dictature. Kinés, diététicienne, psychologue, infirmières, médecins, dentistes, assistante sociale, accueillantes : le personnel est nombreux, il faut faire de la place ! Car ici sont inscrits plus de 4.000 patients, faisant de BVS l’une des plus grandes maisons médicales du pays.

Depuis sa naissance en 1974, elle a bien sûr fait des petits : quatre autres maisons médicales sont présentes dans la commune, couvrant ainsi au total un cinquième de la population. « C’est une exception, remarque Jacques Morel, secrétaire général de la Fédération des maisons médicales, dans les villes où nous sommes présents, nous couvrons de 5 à 8% de la population. » Plus globalement, 2% des Belges ont recours aux maisons médicales.

Globalité, continuité, accessibilité

Comme l’illustre le cas de BVS, les maisons médicales ont pour objectif de réunir sous un même toit tous les soins de santé de première ligne ainsi que la prévention. L’intérêt ? Traiter chaque patient dans sa globalité, en considérant son état physique, mais aussi social, psychologique, économique, son environnement, et assurer la continuité des soins. Pour être ainsi à la fois curatif et préventif.

Les maisons médicales veulent également être tout à fait accessibles, afin que personne ne se trouve exclu des soins. « Le modèle des maisons médicales est universel, explique Michel Roland, médecin généraliste à Santé plurielle, à Saint-Gilles, mais les premières maisons se sont créées dans des lieux plutôt défavorisés, en ville. » Comme ici, à Seraing où, dès le départ, un public populaire était visé. « Nous étions à la sortie des années 60, raconte Pierre Drielsma, médecin généraliste à BVS, les habitants du quartier étaient des ouvriers. Mais leurs enfants, eux, n’ont plus trouvé de travail et la population s’est fortement appauvrie. Quand je suis arrivé ici, en 81, j’ai encore connu des ouvriers retraités, qui étaient souvent bénévoles pour la maison. Avec la génération suivante est arrivée l’individualisme, mais aussi la clochardisation, la toxicomanie et une pauvreté si grande qu’on peut difficilement l’imaginer. Le passage au forfait, grâce auquel le patient ne doit plus sortir d’argent (voir p.28) a encore “aggravé” les choses. »

Ce sont en effet souvent les plus pauvres d’entre les pauvres que l’on croise dans les salles d’attente des maisons médicales, même si l’offre s’adresse évidemment à tous et que Jacques Morel tient à éviter toute ghettoïsation. « Mais il faudrait que les maisons médicales soient le levier d’une politique de santé plus globale, planifiée par les pouvoirs publics. » Plus les maisons médicales – ou d’autres modèles équivalents – seront nombreuses, plus elles pourront soigner un public large.

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