L’humanité consacre 100 milliards de dollars
à la lutte contre la pauvreté dans le Sud. Le
développement marque incontestablement
des points. Mais la complexité de la gestion
de l’aide dépasse parfois les capacités des
administrations du Sud.
Il est loin le temps où les coopérants retroussaient leurs manches
pour aller creuser des puits au Sahel. Il y a belle lurette que les
cadres locaux, formés sur place, exécutent eux-mêmes ces tâches.
Aujourd’hui, la coopération représente essentiellement un
transfert de fonds destinés à soutenir l’action locale. Un pactole
qui se monte, mine de rien, à 100 milliards de dollars, prélevés
auprès des pays du Nord et régulés par des conférences internationales
aux noms aussi impénétrables que « G8 », « Forum de haut niveau sur
l’efficacité de l’aide » ou « déclaration du Millénaire ».
Cent milliards
c’est à la fois énorme, dix fois le PIB de la Tanzanie, mais également
très peu, sept fois moins que les fonds récemment promis par le seul
gouvernement américain pour sauver le système financier US.
En presque 50 ans d’existence [1] les missions de l’aide publique au
développement (APD) se sont élargies. Au départ, l’aide devait traquer
la pauvreté et transférer vers le Sud les technologies qui soutiendraient
son développement. Aujourd’hui, l’aide doit également relancer l’agriculture
et les activités industrielles, consolider les administrations publiques
des Etats et construire une société civile. Un vaste programme.
Et qui marque des points.
Depuis l’an 2000, 3 millions d’enfants
supplémentaires survivent chaque année, 41 millions d’enfants supplémentaires,
dont beaucoup de fillettes, ont pris le chemin de l’école et
la vaccination sauve chaque année 2 millions de personnes. Mais des
progrès restent à faire : 1,4 milliard de personnes vivent encore dans
la grande pauvreté, tandis que la hausse des prix agricoles menace des
millions de familles fragilisées.
(...)
[1] L’aide au développement s’est mise en place au lendemain de l’accession des anciennes colonies à l’indépendance, dans les
années 60. Il s’agissait alors d’éviter la rupture avec ces nouvelles nations en accompagnant leurs premiers efforts de développement.
En Belgique, la transition entre l’ancienne administration coloniale et celle de la jeune coopération au développement
s’est opérée via l’Office de la coopération internationale, administration spécialement créée en 1962 et qui reprenait des anciens
fonctionnaires du ministère des Colonies et des agents rapatriés d’Afrique. Il faudra attendre 1971 pour que cette administration
entre dans la modernité, avec la création de l’Administration générale de la coopéraion au développement, qui se transformera en 1999 en Direction générale à la coopération au développement.
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