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Les potagers urbains

Le phénomène est impressionnant. Sur la planète, un milliard de citadins cultivent aujourd’hui un petit « coin de terre ». Dans un jardin, un parc public, sur une terrasse, un terrain vague, le long du chemin de fer ou aux abords des routes...

Loisirs et biodiversité au Nord,
question de survie au Sud

Le phénomène est impressionnant. Sur la planète, un milliard de citadins cultivent aujourd’hui un petit « coin de terre ». Dans un jardin, un parc public, sur une terrasse, un terrain vague, le long du chemin de fer ou aux abords des routes... Surtout au Sud. Car à l’exception de la Russie et des pays de l’ex-Union soviétique, le modèle d’urbanisation des pays occidentaux a tendu à marginaliser l’agriculture urbaine au cours du 20e siècle [1].

Chez nous, les « jardins ouvriers » de la Révolution industrielle ont laissé place à des potagers urbains plus discrets, havres de biodiversité le plus souvent investis par une classe moyenne biberonnée aux idéaux écolos. On y cultive autant des légumes que la convivialité, son identité ou la transmission de savoirs.

Au Sud, par contre, les potagers urbains sont souvent une question de survie. Et ils le seront de plus en plus : dans 10 ans, 400 villes du Sud compteront plus d’un million d’habitants... et autant de bouches à nourrir. Dans ce contexte, l’agriculture urbaine recèle un potentiel énorme, tout en apportant des réponses originales à certains problèmes sociaux, politiques et environnementaux posés par la mondialisation libérale. En effet, cette horticulture des villes peut doper l’emploi, augmenter la productivité, réhabiliter et valoriser des espaces vacants. Elle contribue également à fermer le « cycle de la ville » en réduisant le transport des aliments et en recyclant les déchets organiques.

Ce n’est pas pour rien que l’agriculture urbaine figure dans la liste des politiques de développement humain durable du PNUD, le Programme des Nations unies pour le développement. Malheureusement, déplore le PNUD, elle n’a pas encore fait l’objet de politiques publiques à la hauteur de son intérêt.

Dernier avatar en date : l’élevage d’animaux en pleine ville, qui explose notamment au Burundi et au Niger. L’urbanisation et la démographie galopante du Sud vont-elles enfanter des cités agricoles, véritables « villes-fermes » produisant sur place de quoi nourrir leurs habitants ? Mais quelle sera alors la qualité de cette alimentation ? La pollution de l’air, de l’eau et des sols ne cesse en effet de s’étendre dans les villes, au Nord comme au Sud.

Les potagers urbains sont-ils condamnés à disparaître là où les normes sanitaires sont les plus strictes, c’est-à-dire chez nous ? Ou bien vont-ils renaître de plus belle et ainsi contribuer, avec un arsenal d’autres mesures, à inverser cette tendance mortifère ? La balle, assurément, est dans le camp politique. Il serait temps de la ramasser !

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[1« L’agriculture urbaine comme composante du développement humain durable : Brésil, France, Russie », Cahiers d’études et de recherches francophones/Agricultures, 14(1), janvier-février 2005.

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