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Chronique

Cinéma

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De (beaux) films que nous vous avions présentés dans Imagine en mars dernier ont été reportés… Revoici nos critiques d’alors.

Un fils

Medhi Barsaoui

Meriem et Fares forment un couple de Tunisiens épanoui, moderne, sans souci d’argent, leur fils de 10 ans Aziz est joyeux et charmant. Mais alors qu’ils s’offrent un petit week-end de vacances, leur voiture se retrouve sous le feu d’un échange de balles entre militaires et milices. Aziz est touché, transporté à l’hôpital de Tataouine. Il a besoin urgemment d’une greffe. Fares est testé, il pourrait être son donneur… et découvre alors qu’Aziz n’est pas son fils.

Formidable thriller intimiste, le long métrage de Medhi Barsaoui interroge la masculinité, la filiation, la terriblement patriarcale société tunisienne. Avec une grande sobriété, il est au plus près des émotions de ses personnages, de leurs inquiétudes, colères, remises en question. Servi avec brio par ses comédiens - Sami Bouajila est exceptionnel – il mêle l’intime au politique (on pense aux meilleurs films d’Asghar Farhadi) et réussit un film fort et palpitant. -

1 h 36, dans les salles dès le 1er juillet

Beanpole

Kantemir Balagov

La Beanpole du titre (l’asperge dirions-nous en français) c’est Iya, le visage blanc, quasi mutique, qui promène ses deux mètres dans un hôpital de Léningrad où elle est aide-soignante. De temps en temps, elle se fige, bloquée, frappée de tétanie – une séquelle de la guerre qui vient de se terminer.

Démobilisée, son amie Masha vient la rejoindre. Et découvre que son petit garçon, confié à Iya, est mort. Elle-même étant devenue stérile, elle exige réparation auprès de Beanpole.

Le cinéaste Kantemir Balagov, déjà très remarqué pour son premier film, le beau et sombre Tesnota, revient avec un nouveau bijou de cinéma. Avec des images superbes, toutes en rouille et vert, pleines de douceur, il nous raconte les tentatives de reconstruction de ces deux femmes au lendemain d’une guerre qui fut absolument terrible. Dur mais d’une grande humanité, parsemé de scènes très fortes, Beanpole touche au cœur et à l’âme et confirme Balagov comme très grand cinéaste. -

2 h 17, en salle à partir du 22 juillet

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