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Reportage

Carnet d'un déluge d'été

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Dominique Houcmant (Goldo)

Comment raconter un cataclysme qui, la semaine du 12 juillet dernier, a ruiné des quartiers entiers de votre région, frappé de plein fouet des proches, des amis, des collègues, la totalité de l’imprimerie qui édite Imagine ? Comment rapporter avec justesse ce que vous avez vu, lu et entendu, alors que vous avez été personnellement plongé dans la torpeur, la boue et les larmes et que vous avez été au cœur d’un splendide réseau de solidarité informelle ? Comment témoigner, non pas de manière « objective », mais avec soin, honnêteté et humilité, de ce désastre à ciel ouvert ? L’exercice était compliqué, mais nous avons finalement choisi de nous lancer. En assumant notre statut hybride de « bénévole actif » et de « journaliste observateur ». En rédigeant ce récit subjectif nourri de toutes parts, mais conjuguant des faits, des impressions et des expériences vécues. Car ce sinistre majeur est, par ailleurs, un étrange condensé des valeurs et du combat qu’Imagine mène depuis vingt-cinq ans.

Ce récit d’Hugues Dorzée, accompagné des photos de Dominique Houcmant (Goldo), est à découvrir dans notre numéro 146, disponible en librairie ou via notre kiosque.

La rue de Biez à Angleur soudainement transformée en rivière. Quelques fleurs qui nous ramènent malgré tout à la vitalité.

Sur les trottoirs s’entassent des vies entières. Tout est flanqué là, jeté, empilé, fracassé, abandonné au regard de tous et appelé à rejoindre l’indescriptible décharge à ciel ouvert sur la bretelle d’autoroute désaffectée A601, sur les hauteurs de Liège.

Sur les bords de l’Ourthe, l’incompréhension, la sidération, le désespoir. Cet été, les rivières sont sorties de leurs lits avec une puissance inouïe et les rives bétonnées ont accueilli des montagnes de débris venus de partout.

La semaine du 12 juillet, au cœur de la catastrophe, un pain saucisse bien mérité pour ces hommes du feu venus en renfort dans les quartiers dévastés.

Entre les urgences du déblayage et la solidarité qui s’organise de manière puissante et informelle, des musiciens improvisent un concert d’intérieur.

Pour égayer les cœurs meurtris, les rythmes chaleureux d’une jeune accordéoniste militante et humaniste.

De Rénory à Eupen, de Chênée à Pepinster, la solidarité n’a pas été un vain mot. Ici des quantités de dons incroyables. Là, de la cuisine improvisée. Plus loin, des cohortes de bénévoles qui ne comptent pas leurs heures. Un moment de grâce au milieu d’une vallée transformée en champ de bataille.

Les pieds et les mains dans la boue, les déchets et le mazout, mais beaucoup d’entraide spontanée aussi.

Dans les quartiers sinistrés (Angleur, Rénory, Chênée, Kinkempois…), il va falloir de longs mois, voire des années, pour reconstruire des vies entières et des territoires éventrés.

Un plat préparé et le meilleur de la condition humaine…

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